Depuis 2021, la capture de homards dans l'Atlantique connaît une chute inquiétante. Face à cette situation, l'Océarium du Croisic, situé en Loire-Atlantique, a mis en place un programme innovant visant à élever des larves de homards qui seront ensuite relâchées en mer lorsqu'elles seront moins vulnérables.
Ce projet est lancé en collaboration avec des pêcheurs et des poissonniers locaux, tous préoccupés par la diminution des populations. Ludovic Thobi, capitaine d'un des trois bateaux de pêche du Croisic, partage son expérience : "Il y a quelques années, nous retirions près de 100 homards par jour. Maintenant, si nous en ramenons 25, nous considérons cela comme un succès".
La surpopulation de poulpes, de plus en plus commune sur la côte, semble également être un facteur aggravant, selon des experts marins consultés tels que ceux de France Culture. L'Océarium s’efforce de contrer cette dynamique en travaillant main dans la main avec les pêcheurs, qui apportent leurs femelles pleines d’œufs pour les sauver.
Un processus de réhabilitation innovant
Benoît Frémont, directeur d'exploitation à l'Océarium, explique le principe : "Ici, nous faisons grandir les larves pour qu'elles soient plus grandes et plus robustes, augmentant ainsi leurs chances de survie dans leur habitat naturel". Les larves sont élevées dans de grandes cuves jusqu'à atteindre une taille où elles peuvent se déplacer librement au fond de l'eau. Selon leur estimation, leur taux de réussite peut dépasser les 20%, soit plus de 200 fois la chance de survie comparé à la nature.
Ces femelles homards, dès qu'elles seront prêtes, retourneront à la mer, et Ludovic Thobi exprime son enthousiasme : "C'est une solution gagnant-gagnant, car en plus de repérer les larves, nous pouvons également remettre des homards sur le marché".
Un équilibre fragile et des attentes à long terme
En plus de la nécessité de protéger la biodiversité, il existe un enjeu économique majeur pour les pêcheurs locaux. Thobi conclut en notant : "Les prix des homards sont actuellement élevés en raison de leur rareté, mais il est essentiel d'améliorer nos captures". Le programme de relâchement de milliers de mini-homards dans les semaines à venir pourrait avoir des conséquences visibles dans 5 à 6 ans.







