Avant d'être condamné en Allemagne pour avoir tué trois enfants, Martin Ney a été moniteur de camp de vacances, famille d'accueil et éducateur. Aujourd'hui, lors de son procès à Nantes pour le meurtre de Jonathan, 10 ans, il remonte le fil de sa vie chaotique, jalonnée de crimes et d'agressions.
Originaire de Brême, Martin Ney, âgé de 55 ans, a déjà été condamné à la perpétuité par la justice allemande en 2012 pour les meurtres de trois garçons entre 1992 et 2001, ainsi que pour plusieurs agressions sexuelles. Certaines de ces attaques ont été commises après qu'il s'est introduit, masqué, dans des centres de vacances, un modus operandi qui n’a pas manqué d’inquiéter les parties civiles et les jurés.
À l'ouverture du procès, Martin Ney persiste à clamer son innocence concernant le meurtre de Jonathan, disparu en avril 2004 lors d'une classe de mer à Saint-Brévin-les-Pins (Loire-Atlantique). Il conteste également sa présence en France à ce moment-là.
Ney relate que sa première agression remonte à ses 20 ans, affirmant avoir ressenti une "attirance" pour les enfants dès l'âge de 16 ans. Dans le box vitré, il exprime des souvenirs ambigus relatifs à ses comportements, admettant qu'il pourrait y avoir eu des confusions sur certains faits.
En décrivant ses traits de caractère, l’accusé se qualifie de "solitaire" et "renfermé", n'ayant jamais eu de relation amoureuse. Son frère évoque quant à lui une "tendance presque maladive" à ne rien dévoiler sur sa vie personnelle.
En 1996, il devient famille d'accueil pour un adolescent de 12 ans, qu'il garde pendant quatre ans. Bien qu'il reconnaisse avoir ressenti une "attirance" et dormi avec lui, il nie avoir commis des abus sexuels. Cette ambiguïté soulève des questions sur la moralité de ses actions.
Martin Ney s’installe à Hambourg en 2000, où il travaille dans un foyer pour mineurs. Un jeune garçon, alors âgé de neuf ans, a déclaré avoir été victime d’agressions sexuelles jusqu'à ses 14 ans à cette époque. Ney décrit cette relation comme "consentie", mais le décalage de perception soulève des débats autour de la responsabilité.
Le dernier meurtre documenté par la justice a été commis en 2001, à une époque où il semblait déjà accumuler un passé criminel. Après avoir été soupçonné de posséder des images pédopornographiques, il est licencié du foyer en 2008.
Le corps de Jonathan, pesé par un parpaing, est découvert en mai 2004, plus d’un mois après sa disparition. L'autopsie n'a pas permis de confirmer des violences sexuelles, ajoutant une couche de mystère à cette affaire tragique.
La mère de Jonathan, partie civile lors du procès, écoute attentivement chaque déclaration de l'accusé, désireuse de comprendre les tenants et les aboutissants de cette affaire. Son avocate, Me Catherine Salsac, indique qu’elle espère toujours obtenir des aveux ou un indice pertinent.
Une tournure significative dans l'enquête survient en 2017, lorsqu'un ancien codétenu de Martin Ney déclare avoir entendu des confessions de sa part. Ces déclarations rejoignent celles d’un agriculteur qui, en 2004, avait été témoin d'un conducteur soupçonné de conduire une berline allemande. Ce témoignage sera soumis à l'appréciation de la cour d'assises.
Le verdict est prévu le 5 juin prochain, marquant la fin de 13 jours d’audiences, remplis d'émotion et de révélations troublantes.







