Trois religieuses octogénaires ont récemment captivé l'Autriche en réalisant une évasion mémorable, non pas pour fuir leur vie conventuelle, mais pour y retourner. Leurs péripéties leur ont valu le surnom affectueux de "nonnes rebelles".
Avides de retrouver leur couvent situé au pied des Alpes, Sœur Rita (82 ans), Sœur Regina (86 ans) et Sœur Bernadette (88 ans) ont partagé leur histoire digne d'un film. "Je suis si heureuse d'être de retour au couvent, là où nous avons prononcé nos vœux en 1967", se réjouit Sœur Rita.
Une évasion à l'aide d'anciens élèves
Il y a deux ans, leur supérieur, le prévôt Markus Grasl, a pris la décision controversée de transférer les sœurs dans un EHPAD, jugeant qu'elles ne pouvaient plus vivre seules. Cependant, les religieuses ont rapidement exprimé leur désespoir devant cette situation. C'est alors qu'en septembre 2025, elles ont pris les choses en main. "J'ai préparé quelques affaires dans un petit sac", témoigne Sœur Bernadette, un sourire aux lèvres.
En collaboration avec d'anciens élèves, qui avaient précédemment suivi leur enseignement, elles ont réussi à quitter l'établissement à bord d'une voiture. "Nous avons fait appel à un serrurier pour déverrouiller les portes de notre couvent. C'était une aventure digne d'un film policier", raconte Sœur Bernadette, pleine d'entrain.
Bien que leur évasion ait été couronnée de succès, leur retour s'est avéré plus difficile que prévu. En leur absence, leurs effets personnels avaient été retirés, incluant un monte-escalier remplacé, ce qui compliquait leur quotidien dans un couvent à huit étages. Leur supérieur, bien que furieux, n'ose rien faire face au soutien grandissant dont bénéficient les religieuses dans tout le pays.
"Ce que nous a infligé l'Église était injuste"
Aujourd'hui, les nonnes sont devenues des icônes sur les réseaux sociaux, où des milliers de personnes les suivent. Elles ont même publié un livre intitulé Pas avec nous. "Nous avons lutté contre une injustice, car ce que nous a fait l'Église était vraiment injuste. Nous disons 'Pas avec nous' pour signifier que nous n'avons pas accepté la tromperie de nos supérieurs", affirme Sœur Bernadette.
Les villageois d'Elsbethen, qui ont soutenu les religieuses dans leur quête de retourner au couvent, expriment leur satisfaction. "Leur porte est toujours ouverte quand j'ai un souci", se félicite Christian Huber. "Cette histoire nous a appris à nous battre dans la vie", renchérit Christina Wirtenberger.
Fin avril, les sœurs se sont même rendues au Vatican pour partager leur incroyable histoire. Le pape Léon XIV leur a assuré qu'elles pouvaient désormais demeurer au couvent, un moment qu'elles accueillent avec humour. Leurs convictions et leur détermination ont véritablement changé la donne.







