La filière de la pomme de terre traverse une période difficile. Bien que les agriculteurs aient augmenté les surfaces cultivées, attirés par la demande des industries de la frite, la consommation des Français est en déclin. En conséquence, les stocks s’accumulent, laissant des producteurs comme ceux de Saint-Paterne-Racan face à un surplus alarmant.
Une récolte qui déborde
Dans la ferme du Grand Thuré, Alexis Gruson est accablé par la situation. "C'est la première fois qu'on doit jeter autant", confie-t-il, déplorant un surplus de 50 à 100 tonnes, soit environ deux hectares de pommes de terre sur les quinze cultivés. Les industriels, pourtant optimistes, ont sous-estimé la concurrence croissante de pays producteurs comme le Canada et l'Allemagne. "On se retrouve aujourd'hui avec un excédent de 25 à 30 % pour l'industrie", ajoute-t-il.
La consommation en déclin
La situation est d'autant plus préoccupante que les ventes de pommes de terre d'Alexis ont chuté de 20 % ces dernières semaines, un phénomène que plusieurs experts attribuent à un changement des habitudes alimentaires des Français, de plus en plus en quête de diversité et de alternatives saines.
Solutions à un dilemme amer
En attendant de trouver une solution définitive, le producteur stocke son excédent dans de grandes caisses en bois pour préserver leur qualité. Pour éviter de déstabiliser encore davantage le marché, il a choisi de vendre une partie de sa production à un collègue agriculteur, peu cher, afin de nourrir ses animaux. "Donner ces pommes de terre risquerait de démoraliser le marché", prévient Alexis. Il critique aussi ses confrères du Nord, qui offrent leurs excédents au public, créant un cercle vicieux qui ne fait qu'empirer la situation.
En 2025, la France a atteint une récolte record de plus de 8,5 millions de tonnes de pommes de terre, un chiffre qui illustre les efforts des producteurs mais souligne aussi l'urgente nécessité d'une meilleure régulation de ce marché.







