Le rappeur Freeze Corleone a été reconnu coupable d'apologie du terrorisme, une décision qui suscite de vives réactions au sein de la société française. Ce lundi à Nice, il a écopé de 15 mois de prison avec sursis et d'une amende de 50.000 euros, face à la polémique soulevée par ses paroles.
La condamnation repose sur sa chanson "Haaland", un duo avec le rappeur allemand Luciano, où il semble faire allusion à l'auteur de l'attentat du 14 juillet 2016, qui a coûté la vie à 86 personnes sur la Promenade des Anglais. Bien que l'avenue ne soit jamais nommée, des rimes et des silences laissent entendre une référence troublante. Le procureur de la République, Damien Martinelli, a qualifié Freeze Corleone de "Dieudonné du rap français", soulignant la provocation et le fond idéologique qui imprègne ses œuvres. Il avait requis une peine de dix-huit mois de prison, mais la décision finale a pris une tournure moins sévère.
Issa Lorenzo Diakhaté, son vrai nom, n'a pas assisté à son procès. Son avocat, Adrien Chartron, a annoncé qu'il ferait appel, dénonçant une décision influencée par des considérations plus autoritaires que juridiques.
Outre la peine de prison avec sursis et l'amende, le rappeur devra verser 2.800 euros de dommages et intérêts à chaque partie civile et ne pourra plus entrer dans les Alpes-Maritimes pendant trois ans. Des victimes de l'attentat dénoncent un usage commercial de leur souffrance, regretant simplement l'absence de Freeze Corleone lors du procès, même pour les écouter.
"Je ne peux pas croire qu’on puisse glorifier leurs cauchemars", a déclaré Hager ben Aouissi, présidente d'une association aidant les enfants victimes de l'attentat. Elle a insisté sur le fait que le terrorisme ne doit pas être romantisé, et ses craintes s'étendent aux jeunes admirateurs de l'artiste.
Bien que lâché par son label Universal Music après une enquête pour provocation à la haine raciale en 2020, Freeze Corleone a continué à connaître un succès fulgurant en ligne. Son album "La menace fantôme" a enregistré plus de 5 millions d'écoutes sur Spotify en 24h, témoignant d'un intérêt massif malgré ses controverses. Cette situation met en lumière le dilemme actuel sur la liberté d'expression dans l'art, un débat qui semble se renforcer dans un contexte où les mots peuvent parfois avoir des conséquences désastreuses.







