Cellules surpeuplées, matelas à même le sol, et véritables nuisances... Face à une situation jugée critique dans les établissements pénitentiaires français, les syndicats de surveillants appellent à des actions de blocage à travers le pays. Reportage au cœur de Rodez, en Aveyron.
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Concentrés derrière un barrage improvisé à l’entrée de la prison de Rodez, plusieurs dizaines de surveillants se sont rassemblés, le lundi 27 avril, pour exprimer leur frustration face à des conditions de travail de plus en plus préoccupantes. Estelle Augusto, déléguée régionale de l'Union Fédérale Autonome Pénitentiaire (UFAP) Justice, n'hésite pas à témoigner : "À l'échelle nationale, il nous manque 4 000 postes, et l'administration pénitentiaire reste sourde à nos revendications. La surpopulation carcérale actuelle est simplement intenable en France."
Les chiffres sont alarmants : 87 126 détenus pour seulement 63 500 places disponibles, ce qui traduit un taux de surpopulation dépassant les 137 %. Les conditions de détention réveillent l'inquiétude des surveillants. Florian Rousset, secrétaire général adjoint de l'UFAP Justice Rhône-Alpes, déclare : "Notre établissement a une capacité prévue de 680 places. Aujourd'hui, nous comptons plus de 1 280 détenus. La situation frôle ainsi les 180 % de surpopulation, avec plus de 300 matelas disposés au sol."
Des conditions de vie épouvantables
Dominique Simonnot, contrôleuse des lieux de privation de liberté, juge ces conditions de détention inacceptables : "Les conditions de vie y sont épouvantables. Ce n’est pas acceptable qu’une sanction pour vol ou violence se transforme en châtiment corporel, incluant l’invasion de nuisibles ou des morsures par des rats."
Le gouvernement a annoncé la préparation d'un projet de loi pour lutter contre la surpopulation carcérale. Cependant, aucun calendrier concret n’a encore été établi, laissant les surveillants et les détenus dans l’incertitude.







