Identifiés par la mission du patrimoine 2026, les Grands Thermes de Châtel-Guyon (Puy-de-Dôme) entrent dans une phase cruciale de restauration, après plus de vingt ans d’un désarroi inquiétant.
Les dorures ternies, les verrières fissurées et une façade vieillissante menacent un trésor architectural emblématique de la Belle Époque. À Châtel-Guyon, ces Grands Thermes, conçus en 1908 par l’architecte Benjamin Chaussemiche, figurent parmi les 18 sites sélectionnés par la Mission Patrimoine 2026 sous l'égide de Stéphane Bern. Ce label, véritable reconnaissance, arrive à point nommé pour un monument inscrit aux Monuments historiques depuis 1990, mais qui subit les affres du temps et d’un entretien laissé à l’abandon.
Dès les premiers pas à l’intérieur, le visiteur découvre l’élégance d’un lieu qui fut un des joyaux du thermalisme français. L’immense hall, surnommé « cathédrale thermale », déploie une majesté indéniable : une voûte à caissons haute de neuf mètres, des stucs crème raffinés et des mosaïques empreintes d’exotisme signées Hippolyte Boulenger racontent l’histoire d’une époque où Châtel-Guyon attirait curistes, artistes et nobles.
Cependant, un constat amer s’impose. Infiltrations d'eau incessantes, charpentes affaiblies et verrières endommagées menacent l'intégrité de ce bâtiment historique. Le patio, dont le toit s'avère dangereux, a nécessité une fermeture partielle. Actuellement, seule une petite section est accessible, sous stricte surveillance.
Une livraison estimée en 2028
La sélection par la Mission Patrimoine ouvre la voie à une éventuelle refonte. Avec la visibilité que ce dispositif confère et le soutien financier du Loto du patrimoine, la commune espère entamer les premières étapes de rénovation d’ici la fin de l’année. La priorité est d’enrayer la détérioration structurelle.
Le calendrier semble se dessiner. Les travaux pourraient débuter fin 2026, aboutissant à une livraison projetée pour 2028. La somme allouée, attendue après les Journées européennes du patrimoine, devrait se situer entre 200 000 et 500 000 euros, avec une collecte publique à envisager.
Nathalie Abélard, maire de Châtel-Guyon, exprime son optimisme : « Ce tournant représente une nouvelle extraordinaire pour notre ville et pour la préservation de ce monument emblématique… Le sauvetage et la mise hors d’eau des Grands Thermes sont désormais une priorité urgente. » En Auvergne - Rhône-Alpes, cette initiative est perçue comme « un levier essentiel pour le renouveau d’un site phare », dans une région qui demeure « activement impliquée dans le développement du thermalisme ».
Les habitants, quant à eux, flirtent entre soulagement et impatience. « Il était temps », souffle un riverain. D’autres se projettent, espérant qu’une fois restauré, le bâtiment pourra accueillir des expositions et des événements culturels. Une commerçante voisine se montre enthousiaste : « J'espère que nous reverrons bientôt ces portes s’ouvrir au public. »







