Une réforme nécessaire mais controversée
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a récemment signé deux décrets visant à réviser l’Aide médicale d'État (AME), un dispositif crucial pour les immigrés sans papiers en France. L'un des décrets est conçu pour « renforcer la lutte contre la fraude », tandis que l'autre a pour but de faciliter l'accès numérique des consulats. Ces modifications ne touchent cependant pas, pour le moment, au « panier de soins » qui demeure intact.
Dans des déclarations faites à la presse régionale, Lecornu a souligné l'importance de l'AME, la qualifiant « d'absolument indispensable d’un point de vue sanitaire ». Selon lui, la réforme est d'une importance cruciale non seulement pour « conserver » le dispositif, mais également pour l'adapter aux réalités actuelles.
Cette réforme suscite toutefois des réactions partagées. Selon certains experts, comme le sociologue Jean-Marc Stébé, « la question de la fraude est souvent surestimée et masque les véritables enjeux de santé publique ». D'autres, comme les représentants du Rassemblement National, critiquent cette réforme en la qualifiant d'insuffisante, arguant qu'elle ne va pas assez loin pour protéger les finances publiques.
L'AME permet aux étrangers sans papiers et à faibles revenus d'accéder à des soins essentiels, et sa pérennité est souvent mise en question au sein du débat politique. Selon une enquête récente de l'INSEE, environ 300 000 personnes bénéficient de cette aide chaque année, témoignant de son importance dans le système de santé français.
En somme, ces nouveaux décrets soulèvent des questions complexes sur la santé publique, la finance et l'éthique, et leur mise en œuvre sera suivie de près par les acteurs de la santé et les organisations de défense des droits des immigrés.







