Ce mardi, Téhéran a réaffirmé sa volonté de conserver le contrôle du détroit d'Ormuz, alors que se conclut un important cycle de négociations débuté avec les États-Unis ce week-end en Suisse, visant à mettre un terme à la guerre au Moyen-Orient.
Le vice-président américain, JD Vance, a exprimé un sentiment d'optimisme, déclarant que ces échanges avaient jeté des "bases solides pour un accord final réussi". En parallèle, les États-Unis ont annoncé une suspension de deux mois des sanctions sur le pétrole iranien, marquant un tournant dans les relations entre les deux pays.
Les négociateurs américains et iraniens, JD Vance et Mohammad Bagher Ghalibaf, ont quitté le complexe de Bürgenstock en Suisse après 18 heures de discussions. Les diplomates présents poursuivre les négociations techniques, selon les informations relayées par l’agence officielle Irna.
Ghalibaf a précisé que les conditions dans le détroit d'Ormuz ne retrouveraient jamais leur état d'avant-guerre. "L'Iran continuera à administrer ce passage stratégique," a-t-il affirmé, renforçant ainsi les craintes de tensions persistantes. Ce détroit, à l'origine libre de tout contrôle, est vital, car il transporte 20 % du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondial.
Par ailleurs, un accord crucial a été signé concernant le déblocage immédiat de 12 milliards de dollars d'avoirs iraniens gelés, qui seront libérés en deux tranches de 6 milliards. Kazem Gharibabadi, vice-ministre des Affaires étrangères, a confirmé cette décision auprès d'Irna, tout en précisant que le déblocage ne devrait pas financer des activités terroristes, un point de vigilance souligné par Vance.
Les négociations, facilitées par le Pakistan et le Qatar, sont perçues comme un signe d'espoir pour une résolution durable du conflit. Le prix du baril de Brent a réagi positivement, tombant sous les 78 dollars, loin des sommets atteints durant les escalades récentes de violences.
En attendant, le président iranien Massoud Pezeshkian s'apprête à effectuer une visite officielle à Islamabad, tandis que le secrétaire d'État américain, Marco Rubio, se rendra dans plusieurs États du Golfe pour discuter des implications régionales de ces négociations.
Les équipes iraniennes se déplacent également vers Oman pour aborder spécifiquement la gestion du détroit d'Ormuz, une question cruciale pour Téhéran au regard de ses intérêts économiques.
Dans un contexte où la pression monte sur Washington pour résoudre ce conflit qui impacte fortement l'économie, des gestes significatifs ont été entrepris. Le ministère américain des Finances a même déclaré que toutes les transactions liées aux hydrocarbures iraniens seraient autorisées jusqu'au 21 août.
Concernant les inspections de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), une autre pièce maîtresse du puzzle nucléaire, l'Iran a accepté d'accueillir à nouveau des inspecteurs, contrairement à sa position antérieure.
Ainsi, la proposition de Téhéran d'établir une "cellule de gestion des conflits" au Liban, associée à des discussions sur un cessez-le-feu avec le Hezbollah, constitue une avancée notoire pour stabiliser la région. Le président libanais, Joseph Aoun, a exprimé des inquiétudes auprès de Vance à propos de la nécessité de cesser les escalades militaires israéliennes.
La stratégie mise en place est considérée par le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, comme un "test réel" de la robustesse de l'accord américano-iranien, avec des espoirs de paix qui se dessinent lentement mais sûrement.







