Alors que la France endure actuellement l'une de ses vagues de chaleur les plus sévères, une proposition émerge : celle d'introduire un congé climatique. En effet, les Écologistes, par la voix de leur secrétaire générale Marine Tondelier, ont relancé l'idée d'accorder cinq jours de congés rémunérés, afin que les travailleurs puissent agir face à des événements climatiques extrêmes sans subrir de perte de revenus.
Cette démarche s'inspire directement du modèle espagnol, où un congé climatique de quatre jours par an a été inscrit dans le droit du travail en novembre 2024, suite aux inondations catastrophiques de Valence, qui ont causé plus de 200 décès. Contrairement à un simple RTT, ce congé vise à éviter les déplacements non nécessaires lors de conditions climatiques menaçantes, tout en garantissant la protection du salaire et des cotisations des employés.
Des initiatives ailleurs dans le monde
Ce n'est pas la première fois que la question du congé climatique est évoquée en France. Manuel Bompard, de La France insoumise, appelle également à adapter le droit du travail pour un congé spécifique. Les syndicats, comme force ouvrière, soutiennent cette proposition, la qualifiant de « nécessité pour défendre les intérêts des salariés », comme l'a signalé Rachele Barrion dans une interview avec Novethic.
Au-delà des frontières françaises, d'autres pays ont déjà mis en place des mesures concrètes. Au Canada, par exemple, les entreprises sont tenues d'adopter des protocoles de sécurité face aux intempéries. Au Qatar, la législation prohibe le travail en extérieur pendant certaines heures en raison des températures extrêmes, illustrant ainsi une réponse proactive face à la chaleur accablante.
Une situation préoccupante en France
En France, la réglementation sur les conges liés à des périodes de canicule demeure limitée. Un décret de juin 2024 a intégré ces périodes comme des intempéries, permettant aux entreprises du BTP de bénéficier d'un dispositif de chômage partiel dès le déclenchement d'une vigilance orange. Cependant, en dehors de ce secteur, les protections des employés sont bien moins automatisées et le droit de retrait reste une option peu exploitée dans des conditions de chaleur extrême.
Pour l'heure, des propositions pour remédier à cette situation affluent, notamment celle d'inciter les travailleurs à faire la sieste au lieu de souffrir des températures écrasantes. Comme l'a mentionné le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, il pourrait être judicieux de s'inspirer des pratiques de pays plus chauds tout en faisant face à l'urgence climatique. Reste à voir si cette initiative sera mise en œuvre dans les mois à venir.







