L'endettement de la ville de Bordeaux est en forte augmentation, atteignant en 2025 413 millions d'euros, ce qui représente une "dette historique" jugée "intenable" par le maire Thomas Cazenave, qui a pris ses fonctions en mars dernier. Lors d'une récente conférence de presse, il a signalé le risque de mise sous tutelle si rien n'est fait pour rétablir la situation financière.
Pour évaluer cette situation préoccupante, Cazenave a demandé un audit au cabinet EY, qui a dernièrement mis en lumière une augmentation significative des emprunts pour les années 2024 et 2025. Malgré les critiques adressées par l'opposition, qui voit ces investissements comme une préparation nécessaire à l'avenir — notamment en matière de durabilité et de rénovation énergétique —, Cazenave a insisté sur le fait que la dette a bondi de 252 millions en 2019 à 413 millions en 2025, une hausse de 64 %.
Le rapport d'audit souligne que les dépenses de fonctionnement de la ville ont crû à un rythme supérieur aux recettes, analysant ainsi un déséquilibre budgétaire alarmant. "La dette a atteint des niveaux historiques", a-t-il déclaré. "C'est un héritage difficile qui requiert une réévaluation de notre trajectoire financière." De plus, il a reçu un "courrier d'alerte" de la préfecture concernant la dégradation des ratios financiers de la municipalité.
Si Bordeaux continue sur cette lancée de déséquilibre budgétaire, la ville pourrait se voir imposer une tutelle, une situation que Cazenave décrit comme une perte de souveraineté pour la municipalité. Les mesures d'économies à mettre en œuvre seront discutées dans le cadre du budget rectificatif de 2026 et du budget 2027.
En réponse à ces accusations, les anciens élus écologistes, dont Pierre Hurmic, battu par Cazenave, ont défendu leur bilan en affirmant que les investissements réalisés au cours des six dernières années dans des projets écologiques n'étaient pas des dérives, mais des nécessités. Ils mettent en avant des réalisations comme l'équipement de 52 bâtiments publics en panneaux solaires, augmentant l'autonomie énergétique de la ville de 3 à 41 %, ainsi que la végétalisation des espaces publics.
Les anciens conseillers municipaux ont déclaré dans un communiqué : "Ces investissements répondaient à des urgences climatiques et sociales, et il est inacceptable d'évoquer une ville 'au bord du gouffre' pour préparer le chemin à une politique d'austérité." Cette tension entre la gestion actuelle de Cazenave et l'héritage de l'ancienne administration met en lumière les défis économiques que la mairie de Bordeaux devra surmonter pour l'avenir.







