Adoptée en mai 2024, la réforme sur la gestion des flux de demandeurs d’asile entrera en vigueur le 12 juin. À Budapest, le gouvernement de Peter Magyar critique un accord jugé trop modéré, tandis que la population se divise entre ceux qui parlent de "capitulation" face à l'Union européenne et ceux qui voient une nécessaire adaptation.
Le 12 juin, le pacte relatif à l'immigration et à l'asile sera appliqué dans tous les États membres de l’Union européenne, y compris la Hongrie, où l’accord est au centre d’un débat houleux. En effet, le nouveau Premier ministre, Peter Magyar, a été accusé par la presse de droite, telle que Magyar Nemzet, d'avoir "capitulé" devant Bruxelles. "Il a trahi les Hongrois qui, depuis plus d’une décennie, ont clairement exprimé leur désir de ne pas accueillir d’immigrés sur leur sol", souligne un éditorial.
Le 5 juin, des centaines de manifestants se sont réunis à Budapest pour protester contre le pacte, accusant le gouvernement de "vendre la souveraineté nationale pour 6 000 milliards de forints", soit environ 16,4 milliards d’euros, en échange de fonds débloqués par la Commission européenne. Selon l'agence MTI, des intervenants ont exprimé leur crainte que la Hongrie ne soit "inondée de migrants" et que le gouvernement agisse davantage pour Bruxelles que pour le peuple hongrois.
Le fardeau économique de la réforme
Des experts, comme ceux cités dans Vilaggazdasag, s’inquiètent des aspects économiques de cette réforme. Alors que le pacte pourrait alléger certaines procédures, il entraînerait également un "fardeau économique" pour la Hongrie, un pays déjà confronté à des défis budgétaires. La plus grande inquiétude réside dans le fait que les normes migratoires hongroises, déjà strictes, impliquent des coûts onéreux pour le pays.
Les craintes se concentrent également sur la structure de l'accord, jugée "trop laxiste" par certains observateurs, notamment l'expert Laszlo Dornfeld, qui déplore que le pacte ne fasse qu’entériner des dispositions infructueuses, telles que les quotas de répartition. Le chef de l’opposition, Gergely Gulyas, souligne que le pacte pourrait restreindre la liberté des pays membres d’agir en situations de crise, ouvrant la voie à des obligations d’accueil contraignantes.
Malgré les réserves de Magyar concernant la solidarité européenne, l’un des médias locaux, HVG, estime que "l’Europe n'adoptera pas de nouvelles lois pour acomoder la Hongrie". Au contraire, le pacte inclut des mesures pour lutter contre l'immigration illégale, que le gouvernement semble ignorer.
Vers un chaos juridique ?
Peter Magyar, pour repousser l’idée d’une immigration illégale, a également prôné l'interdiction d'"invités" asiatiques, mais cela ne fait qu'attiser la controverse, car de nombreux secteurs économiques dépendent de ces travailleurs. Le ministre de l'Intérieur, Gabor Posfai, a affirmé au Parlement que la Hongrie “rejette tous types d’immigration illégale” et qu'elle continuera à renforcer les mesures de contrôle à ses frontières.
D’après le site Valasz Online, le gouvernement actuel n’a pas anticipé les changements apportés par le pacte, ce qui pourrait entraîner "un chaos juridique imminent". Avec des amendes déjà élevées payées à l'UE, il est essentiel pour la Hongrie de s'adapter rapidement afin d'éviter des sanctions encore plus lourdes à l'avenir.







