Vincent Strubel, à la tête de l’Anssi, sera à l’Université de Tours le 11 juin 2026 pour la 4e journée régionale de la cybersécurité.
Avec la prolifération des cyberattaques, l'interrogation se pose : quelles mesures prend l’État pour protéger ses citoyens ? Loin d'être rassurant, le constat de Vincent Strubel, directeur de l’Anssi, est clair. Il participera en effet à cette journée axée sur la cybersécurité, un enjeu crucial pour la France.
Pour quelles raisons l’Anssi a-t-elle été créée en 2009 ?
« Je considère l’Anssi comme le pivot des actions de l’État en matière de cybersécurité, impliquée dans trois missions essentielles. D'abord, prévenir les cyberattaques et renforcer la cybersécurité à l'échelle nationale, en engageant les entreprises et collectivités à adopter des recommandations et des bonnes pratiques. Ensuite, nous intervenons lorsque des attaques surviennent, apportant assistance aux victimes et remontant les causes pour éviter la répétition des faits. Enfin, nous devons anticiper les évolutions technologiques, notamment en matière d'intelligence artificielle, afin de ne pas se retrouver dans des situations encore plus périlleuses. »
L’intelligence artificielle, un nouvel arsenal pour les cybercriminels
« Notre expertise nous permet d'adresser les cas les plus complexes sur tout le territoire national. Nous collaborons avec différents partenaires régionaux et locales, et cette journée à Tours sera l'occasion d'échanger avec eux. »
Les formes de cyberattaques évoluent rapidement, et Vincent Strubel précise : "Le vol de données est en hausse, car cela se révèle souvent plus profitable pour les cybercriminels que d'autres formes de malveillance, telles que les rançongiciels. À cela s'ajoutent l'espionnage, le sabotage, et d'autres actes malveillants. Le contexte géopolitique actuel accentue ces menaces, qui ne cessent de croître."
Strubel insiste sur la situation alarmante : "Nous faisons face à un niveau de menace très élevé, et chacun d'entre nous est désormais une victime potentielle. La montée en puissance de l'intelligence artificielle constitue un facteur inquiétant, car elle accroît les capacités d'attaque. Le contexte international exige également de nous une préparation accrue. »
Concernant l'Anssi et son rôle lors des incidents, il déclare : "Nous avons un rôle clé dans les enquêtes, en cherchant à comprendre les incidents. Bien que les dégâts soient souvent causés, notre priorité est de prévenir de futures attaques. Un cadre réglementaire sera bientôt nécessaire dans ce domaine, avec des directives qui vont renforcer notre pouvoir d'action vis-à-vis des acteurs privés et publics."
La question de la souveraineté numérique a également été abordée, alors que la Commission européenne propose un plan visant à réduire la dépendance technologique envers les États-Unis et la Chine. "Nous en sommes tous conscients, nos dépendances peuvent nous mettre en péril. Il est fondamental de mieux contrôler nos outils technologiques et de développer des alternatives. C’est un enjeu que l’Europe doit traiter avec sérieux. »
Les usagers sont-ils suffisamment informés des risques numériques ? Vincent Strubel affirme : "Il y a quelques années, beaucoup ignoraient ces menaces. Aujourd'hui, la prise de conscience est générale. Pourtant, deux messages clés peinent à faire leur chemin : chacun est concerné, et chacun peut agir, même sans expertise technique. L’Anssi et d'autres outils sont là pour guider cette sensibilisation. Plus on attend, plus on risque d'être trop tard si une attaque survient. »







