Édito

Dans un grand meeting à Saint-Denis, Mélenchon défend sa vision pour une gauche unie.
Édito
Jean-Luc Mélenchon, fondateur du parti de gauche La France insoumise (LFI) et candidat à l'élection présidentielle, prononce un discours lors d'un meeting de lancement de sa campagne présidentielle, à Saint-Denis, le 7 juin 2026. (STEPHANE DE SAKUTI

À Saint-Denis, Jean-Luc Mélenchon a inauguré sa campagne présidentielle, se présentant comme le pilier de la gauche. Pourtant, son ambition de devenir le principal bouclier contre le Rassemblement National (RN) se heurte à un taux de rejet élevé et des sondages préoccupants.

Ce dimanche, lors d'un meeting à Saint-Denis, Jean-Luc Mélenchon a donné le coup d'envoi de sa campagne présidentielle, déterminé à rassembler la gauche pour faire face au RN en 2027. À cette fin, il a adopté un double discours, s'adressant d'une part aux électeurs de gauche avec une approche engageante, tout en restant incisif et critique envers les autres partis de gauche. À l’approche de ses 75 ans et avec une quatrième candidature, il se veut rassurant pour le public progressiste tout en adoptant une posture abrasive envers ses rivaux.

Pour les électeurs de gauche, il propose une "Nouvelle France", affirmant que le pays a profondément évolué depuis la Ve République. Il insiste, par exemple, sur le fait qu’un Français sur trois a des origines migratoires, tout en délaissant certaines de ses précédentes allusions controversées qui avaient marqué ses discours municipaux. Comme l'explique Le Monde, ce tournant s'inscrit dans une volonté de capter un électorat plus large.

La gauche face à un ultimatum

Aux dirigeants des autres partis de gauche, Mélenchon lance un appel à l’unité : "Qui m'aime me suive !" Dans cet esprit, il annonce que la primaire de la gauche est "terminée" et que c’est à lui que revient le devoir de mener ce collectif hétéroclite. En contrôlant un parti qui lui est entièrement dévoué, il cherche à capitaliser sur les divisions des autres.

Cependant, son ascension vers une position de défense robuste contre le RN semble encore incertaine. Lors de son meeting, il a tenté de démarquer les enjeux d'identité, dénonçant le RN comme un mouvement à tendance suprémaciste. Pourtant, les chiffres sont peu flatteurs : selon une récente étude d'Ipsos, il oscille entre la troisième et la quatrième place avec 13% des intentions de vote, à égalité avec Raphaël Glucksmann. Ces résultats ne sont guère meilleurs que ceux relevés à la même période avant les élections de 2022. En outre, un taux de rejet atteignant 70% jette une ombre sur son potentiel à incarner un vote utile, surtout à l'encontre de l'extrême droite.

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