L'ancien ministre de l'Intérieur, Bruno Retailleau, critique les dysfonctionnements du système judiciaire à la suite de l'affaire tragique de Lyhanna, une fillette de 11 ans retrouvée morte dans le Gers. Le principal suspect, Jérôme B., était libre malgré plusieurs plaintes pour violences sexuelles à son encontre, une situation que Retailleau juge inadmissible.
Dans un entretien avec Le Parisien, il souligne que « les mécanismes de sanction des magistrats ne fonctionnent pas ». Selon lui, la gestion de ces sanctions par le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) est trop endogène, ce qui soulève des questions sur son efficacité. « En quinze ans, une seule sanction a été prise, c’est un blâme », déplore-t-il.
Pour remédier à ces failles, Retailleau propose la création d'une « cour disciplinaire de la magistrature », composée de citoyens élus par tirage au sort et de magistrats expérimentés. Cette cour aurait la capacité d'être saisie par les citoyens, les supérieurs hiérarchiques ou le ministre de la Justice, une approche que certains experts soutiennent comme une solution innovante pour rehausser la transparence et l'imputabilité dans le système judiciaire.
« Ce drame est révélateur de la bureaucratie française. L’État est devenu une machine totalement grippée »
Bruno Retailleau considère que le CSM devrait continuer à exister, mais avec des rôles repensés pour les nominations. Cette réforme ferait partie de son agenda politique lors d'une potentielle élection à la présidence, visant à rendre la justice française plus réactive et responsable. « Ça ne sert à rien de multiplier les circulaires si on ne vérifie pas méthodiquement leur application », insiste-t-il.
En réponse à ces préoccupations, le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a reconnu sur TF1 que « l’institution judiciaire n’a pas su protéger » Lyhanna et qu'il y a eu des insuffisances dans le suivi des plaintes.







