Avec la restructuration des 150 milliards de dollars de dettes du Venezuela, Matthieu Pigasse pourrait devenir l’artisan de la renaissance économique d’un pays désormais perçu comme un "paria financier", selon The Wall Street Journal.
Sa mission consiste à délivrer le Venezuela de son fardeau économique. Pigasse, un banquier d’affaires français issu de la prestigieuse société d’investissement Centerview, a obtenu un contrat majeur qui le place au cœur des efforts pour avancer dans ce défi colossal. Ce projet, décrit comme "l'une des plus grandes restructurations de dette de tous les temps", évoque le sauvetage de l'économie grecque de plusieurs années auparavant.
Le Venezuela a annoncé avoir officiellement engagé Centerview, ce qui a permis à Pigasse de se voir confier une tâche considérable qui pourrait changer le destin financier du pays. En effet, cette entreprise vise à redorer le blason du Venezuela auprès des investisseurs internationaux, et à lui offrir une chance de retrouver sa place sur la scène économique mondiale, comme l'explique The Wall Street Journal.
Le montant exact de la dette inconnu
Malgré l'expérience de Matthieu Pigasse dans le domaine financier, le chemin a été difficile. Son employeur, Centerview, n'avait jamais traité de restructurations de dette souveraine d’une telle envergure, et ses opinions politiques, souvent en désaccord avec celles de l’actuelle administration américaine, ont soulevé des doutes. Pigasse, connu pour son soutien à des mouvements de gauche, se trouve dans une situation délicate qui complique encore sa mission.
Néanmoins, il a pu naviguer dans cet environnement complexe, notamment grâce à ses relations dans l'entourage de l'ancien président Trump. Des visites répétées à Caracas ont également joué un rôle clé dans sa stratégie, lui permettant de renforcer sa connexion avec les autorités vénézuéliennes. Le soutien d’anciens envoyés de l’administration Trump, comme Mauricio Claver-Carone, a également été déterminant.
Centerview espère que cette initiative permettra de "réintégrer le Venezuela dans l'économie mondiale", et le gouvernement vénézuélien est optimiste quant à une reprise rapide. Toutefois, cette vision pourrait s’avérer trop ambitieuse selon plusieurs experts, dont Alejandro Grisanti, un consultant à Caracas, qui note : "La situation est compliquée par l'absence de données financières fiables, rendant difficile pour les créanciers d'évaluer la dette exacte du pays."
Il est à noter que Matthieu Pigasse a été un actionnaire du groupe Le Monde, lié à Courrier International, mais n'est plus parti prenante depuis 2024, conservant néanmoins une légère participation via sa société Combat Média au Huffington Post.







