Canal+ face à la justice pour discrimination après une pétition anti-Bolloré
Un climat de tension règne de Cannes à Nanterre. Ce samedi, la Ligue des droits de l’homme (LDH) et la CGT Spectacles ont annoncé avoir déposé une plainte contre Canal+. Ces organisations dénoncent une discrimination manifeste orchestrée par Vincent Bolloré, le puissant dirigeant du groupe, à l’encontre des artistes signataires d'une tribune critique.
Les plaintes sont motivées par le fait que Canal+ a décidé, par l’intermédiaire de Maxime Saada, son président du directoire, de ne plus collaborer avec environ six cents artistes ayant soutenu la pétition intitulée "Zapper Bolloré". Ce choix, jugé "brutal" par la LDH et la CGT, pose la question de l’impact sur la liberté d'expression. "En stigmatisant les signataires d’une tribune liée au débat public, les déclarations de Saada compromettent l’expression libre des critiques au sein de l’industrie audiovisuelle", affirment les deux organisations dans leur assignation consultée par l’AFP.
La tribune, qui a pris d'assaut le Festival de Cannes, a déjà recueilli plus de 3 800 signatures en seulement dix jours. Célébrités internationales telles que Javier Bardem, Ken Loach et Mark Ruffalo ont également exprimé leur soutien. L’ampleur de la mobilisation soulève des interrogations sur l'éthique des pratiques de Bolloré dans le secteur médiatique.
Dans un contexte où la parole artistique est de plus en plus contrôlée, des experts s'interrogent sur les effets dissuasifs d'un tel refus de collaboration. "Les créateurs doivent pouvoir s’exprimer librement sans craindre de répercussions. Cette affaire démontre combien il est crucial de défendre notre droit à la critique dans la culture", conclut une source anonyme au sein du cinéma français. En écho à cette situation, la mobilisation pourrait s’étendre au-delà des frontières, illustrant une dynamique de solidarité souvent présente dans le milieu artistique.







