Avocate et philosophe de 48 ans, Paloma Valencia se distingue comme la seule femme candidate à la présidentielle colombienne, mais son héritage conservateur suscite des tensions au sein des mouvements féministes. Considérée par certains comme une figure du patriarcat, elle fait face à un rejet significatif pour ses positions controversées, notamment sur le droit à l'avortement.
Marie jointe par Courrier International, affirme que l'ascension de Valencia a été semée d'embûches, surtout dans une Colombie encore profondément marquée par le machisme. Promue après l'assassinat tragique de Miguel Uribe Turbay, cette avocate doit jongler avec la pression de l'outsider Abelardo de la Espriella, qui joue sur la peur de la gauche. Selon Caracol Radio, elle se projette dans un deuxième tour face à Iván Cepeda.
Un héritage familial lourd à porter
Petite-fille de León Valencia et proche de Josefina Valencia, première femme ministre en Colombie, Paloma a grandi au cœur de la politique. Bien que son programme mette en avant des mesures sécuritaires et économiques favorisant l'investissement, elle est souvent critiquée pour ses idées traditionnelles sur la famille.
Pour la journaliste Ana Bejarano, “le simple fait qu’une femme occupe une position de pouvoir induit un changement”, mais elle souligne également que cela ne garantit pas une avancée féministe. En effet, Valencia se dit proche d'Alvaro Uribe, un soutien qui nourrit les critiques à son égard.
Des positions controversées sur l’avortement
Valencia a suscité l'indignation en déclarant à plusieurs reprises que l'avortement ne devait pas être un droit pour les femmes. Selon une analyse de l’article d'opinion de El País América, ses rares engagements concernant les femmes se réduisent souvent à leur rôle de mères ou d'entrepreneuses.
En réponse, Paloma soutient publiquement qu'elle défend la parité et les droits des mères au foyer, tout en affirmant qu'elle respectera le cadre actuel du droit à l'avortement en Colombie, qui est dépénalisé jusqu'au sixième mois.
Une lutte pour la représentation féminine
Pour Paola Ochoa, la désignation d'une femme à la présidence représenterait une avancée majeure, indépendamment de ses idées politiques. Écrivant dans El Tiempo, elle évoque un pays ancré dans des valeurs patriarcales, où une présidente, qu'elle soit de droite ou de gauche, pourrait briser le plafond de verre.
La dynamique de la candidature de Valencia met ainsi en lumière la complexité des valeurs féministes en Colombie et pose la question des véritables enjeux pour les droits des femmes dans un contexte politique encore largement dominé par des voix traditionnelles.







