La liberté de la presse connaît un déclin inquiétant, atteint son niveau le plus bas depuis un quart de siècle, selon un rapport alarmant de Reporters sans frontières (RSF). Cela s'inscrit dans un contexte global perturbé, marqué par des attaques récurrentes à travers le monde. Les évènements récents au Moyen-Orient montrent que les journalistes sont de plus en plus exposés, notamment avec les tensions persistantes entre Israël et la Palestine.
Pour la première fois dans l'histoire de ce classement, plus de 50 % des nations sont classées comme étant en situation « difficile » ou « très grave ». En 2002, cette proportion n'était que de 13,7 %. RSF, qui utilise une échelle de cotation allant de « très grave » à « bonne », souligne cette dégradation dramatique.
La France en 25e position : un classement décevant
La France, bien que se classant 25e au niveau mondial, n'est pas le bastion de la liberté de la presse qu'elle prétend être. La situation dans le pays est qualifiée de "plutôt bonne", mais le climat général montre que la liberté d'expression est mise à mal, transformant la dynamique médiatique française. Le taux de population résidant dans des pays où la liberté de la presse est jugée comme "bonne" a chuté à moins de 1 %.
Les États-Unis, également touchés par cette crise, perdent sept places et se retrouvent au 64e rang, un signal préoccupant révélant l'impact des attaques répétées contre les médias pendant l'administration Trump. Selon RSF, des incidents tels que la détention du journaliste salvadorien Mario Guevara mettent en lumière les dangers auxquels font face ceux qui s'opposent aux puissants.
Une pression croissante sur les journalistes
Anne Bocandé, directrice éditoriale de RSF, déclare que "les attaques contre les journalistes prennent de nouvelles formes". Les assassinats et emprisonnements continuent d'exister, mais les pressions économiques et politiques sont en augmentation. Les conflits armés exacerbent cette situation, mais les régimes politiques de plus en plus répressifs contribuent aussi à cette détérioration.
Des pays comme le Salvador et la Géorgie voient leur classement s'effondrer, tandis que le Niger subit une chute dramatique, affichant un recul de 37 places, une illustration inquiétante de la situation dans la région du Sahel, où le pouvoir s'est militarisé et les voix critiques sont souvent réduites au silence.
Un constat accablant pour la démocratie
Certains pays, autrefois considérés comme des exemples en matière de liberté de la presse, comme le Mali et le Burkina Faso, sont aujourd'hui au cœur de la repression journalistique. RSF ne manquera pas de rappeler ces dégradations constantes, telles que l'exécution en Arabie saoudite du chroniqueur Turki al-Jasser.
Le rapport souligne également le phénomène grandissant des « procédures-bâillons », une pratique juridique utilisée pour intimider les médias. Ces développements sont tragiques pour le paysage médiatique, un domaine où la liberté d'expression ne devrait pas être un luxe mais un droit fondamental. Malgré tout, des initiatives comme la réglementation de la Commission européenne sur la liberté des médias, mise en place en 2025, laissent entrevoir une lueur d'espoir dans une période sombre.







