Alors que le conflit au Moyen-Orient ne semble pas affecter tout le monde de la même manière, certains acteurs du secteur énergétique, comme TotalEnergies, en profitent largement. Le groupe français a récemment dévoilé un bond impressionnant de ses bénéfices au premier trimestre 2026, attribué à l'augmentation des prix des hydrocarbures. Ce phénomène a relancé le débat sur la nécessité d'une taxation des profits pétroliers, une mesure réclamée par des partis de gauche et certains pays européens.
Ce n'est pas la première fois que TotalEnergies se démarque avec des résultats significatifs. En effet, la société a réussi à surpasser ses performances déjà impressionnantes de début 2022, en parallèle avec le déclenchement de la guerre en Ukraine.
Au cours de ce trimestre, le bénéfice a grimpé à 5,8 milliards de dollars (environ 4,96 milliards d'euros), soit une augmentation de 51 % par rapport à l'année précédente. Le PDG, Patrick Pouyanné, a souligné que ce succès témoigne de la capacité du groupe à tirer parti de la hausse des prix des matières premières.
Une récompense pour les actionnaires
En raison de ces résultats favorables, TotalEnergies a décidé d'augmenter son dividende de 5,9 %, atteignant ainsi 0,90 euro par action, contre 0,85 euro précédemment. Cette annonce a provoqué des réactions vives parmi les représentants de la gauche et des groupes environnementaux.
Sébastien Lecornu, le ministre de la Transition énergétique, a exhorté TotalEnergies à « redistribuer d'une manière ou d'une autre » ses bénéfices extraordinaires. Il a ajouté : « Il est impératif que TotalEnergies assume sa part dans cette redistribution. » En réponse, TotalEnergies a souligné qu'elle participait déjà à cette redistribution par le biais du plafonnement des prix des carburants.
Critiques acerbes et relance du débat
Clémence Guetté, vice-présidente de l'Assemblée nationale et membre de La France Insoumise, n’a pas hésité à qualifier la situation de « Total profite de la guerre pour faire exploser ses bénéfices ». De son côté, Greenpeace France a dénoncé une « logique cynique » alors que les consommateurs continuent de faire face à des augmentations des prix à la pompe.
François Ruffin, ancien Insoumis, a ajouté : « Tout pour les actionnaires », exprimant ainsi un mécontentement général des politiques sur les pratiques de TotalEnergies. Des membres du parti socialiste ont même annoncé leur intention de déposer une proposition de loi visant à taxer les « superprofits des profiteurs de crise ». La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a pour sa part affirmé qu' « aucune option n'est exclue » concernant une taxation des superprofits, tout en appelant à éviter le « Total Bashing ».







