Lors de son intervention dans "La Matinale" le 29 avril, Christelle Craplet, directrice opinion pour Ipsos-BVA, a observé une "fébrilité alarmante" qui caractérise l'approche des candidats aux sondages cette année. Selon elle, cette tendance traduit une incapacité croissante des candidats et des partis à établir une base solide de personnalités consensuelles.
À l'approche de l’élection présidentielle de 2027, le paysage politique semble saturé de prétendants, mais sans véritable figure de proue pour guider les électeurs. Craplet souligne l'importance des sondages dans ce contexte : "S'en remettre aux sondages pour choisir les candidats est révélateur d'une forme de dépendance, voire d’impuissance de la classe politique".
Dans cette optique, elle note que cette situation n'est pas exclusive à un seul camp ; elle s'étend à gauche comme à droite, témoignant d'une incapacité commune à organiser des processus internes de sélection. "Nous ne sommes pas là pour faire le casting d'une élection", rappelle-t-elle. Cette réalité montre que les partis politiques peinent à s'unir autour de méthodes concertées, telles que des primaires fermées ou ouvertes.
Ce climat incertain est accentué par le fait que lorsqu'on interroge les Français sur l'idée de primaires, une majorité approuve, mais les divisions émergent dès que l'on aborde les modalités d'organisation. "Il y a une sorte de schizophrénie au sein des électeurs", affirme Craplet. "Ils expriment le désir d'un processus et, dans le même temps, montrent des réticences sur la réalisation concrète de celui-ci."
Quant à la décision d'Ipsos-BVA de ne pas publier d'enquêtes sur les intentions de vote un an avant le scrutin, Craplet explique que cela reflète une inquiétude quant à la pertinence des résultats à ce stade précoce : "Les dynamiques de campagne ne sont pas encore établies, et les électeurs peuvent changer d'avis face à un contexte en évolution rapide."
Cette approche prudente, bien que peu courante parmi les instituts de sondage, reflète une volonté de préserver l'intégrité des résultats et de ne pas induire en erreur les acteurs politiques et les médias. "Tandis que certains peuvent demander des prévisions immédiates, notre choix repose sur la conviction que nous devons garder notre rôle de mesure de l'opinion sans anticiper trop frénétiquement", conclut-elle.
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