À Elne, petite commune des Pyrénées-Orientales, le nouveau maire Steve Fortel a récemment retiré toutes les emblématiques couleurs du drapeau LGBT. Le passage piéton multicolore a été repeint et le drapeau arc-en-ciel a été enlevé de la mairie. "Nous ne voulons plus de symbolique woke dans la ville," a déclaré un adepte de l'élu d'extrême droite, ayant précédemment appartenu au Front National avant son exclusion.
Steve Fortel, élu récemment lors des municipales sans étiquette, défend son choix : "Mon rôle est de rassembler. Les espaces communs doivent rester neutres". Dans un échange avec Valeurs Actuelles, il a précisé qu'il n'avait rien à ajouter concernant sa décision, invitant les journalistes à faire le bilan de ses premiers mois en fonction.
À l'opposé politique, Nicolas Vila, ancien maire communiste d'Elne, juge que la manœuvre de Fortel envoie un "message politique à la fachosphère". Il soutient que les banderoles affichées sur la mairie, y compris celle LGBT, ne sont pas de nature politique et ont traditionnellement servi à afficher des causes communes.
Deux maires, deux ambiances
À quelques kilomètres, la ville de Canohès, dirigée par Carla Muti, une autre maire RN, affiche une vision divergente. Fière d'avoir récemment célébré un mariage homosexuel, elle a publié un message sur son compte X (anciennement Twitter), félicitant le couple pour leur union. "Grosse pensée à tous les homophobes des commentaires qui, visiblement, ont un problème avec le fait que j’applique la loi française," a-t-elle répondu aux critiques.
Ce soutien à l'égalité des droits a provoqué des remous au sein de son propre parti. Un député a exprimé des réserves, soulignant que "cette prise de position pourrait aliéner une partie de notre électorat sans convaincre de nouveaux soutiens".
Interrogée par Valeurs Actuelles, Muti a soutenu qu'il n'y a "pas un papier à cigarette" qui sépare sa approche de celle de Fortel. Tout en mettant l'accent sur son soutien à l'égalité des droits, elle a affirmé qu'elle aurait également retiré les drapeaux LGBT, estimant que la sexualité n'a pas sa place sur des bâtiments publics.
Louis Aliot, maire de Perpignan et figure influente locale, n'a pour sa part pas commenté cette controverse, illustrant encore davantage la tension qui s'est installée autour du sujet des symboles LGBT dans le département.







