Un mois après une campagne municipale tumultueuse à Paris, l'eurodéputée Sarah Knafo se tourne déjà vers les perspectives de 2027, en redessinant les contours de la stratégie de Reconquête ! et en affichant une orientation claire vers la droite.
Après avoir annoncé qu’elle ne ferait pas perdre la droite parisienne, Sarah Knafo a pris la décision douloureuse de retirer sa liste en faveur de Rachida Dati. Sa campagne, bien que marquée par des critiques, a montré qu'elle pouvait dépasser son statut d’influenceuse politique. « En mettant de côté ses idées controversées, elle a mené une campagne remarquable », admet même un proche d'Emmanuel Grégoire. Malgré sa défaite, ce parcours lui a permis de prouver sa capacité à assumer un rôle de leader.
Le goût amer d’une victoire manquée pèse encore sur son équipe, exacerbée par la défaite de Dati. Un membre de son entourage se plaint : « L’écart était tel que sa présence n’aurait pas changé le résultat ». Aujourd'hui, hors du feu médiatique, Knafo se consacre à l’introspection. « Je ne regrette pas ma décision, car agir en accord avec mes valeurs est primordial », dit-elle.
La peur primaire de la droite
Cette introspection l’amène à observer de près la situation des Républicains, qui ont récemment tranché en faveur de Bruno Retailleau pour l'élection présidentielle, avec 73,8 % des voix. Les craintes d’une dispersion des candidatures sont palpables. « La dynamique des sondages est cruciale », explique un proche. La fragmentation des candidatures, avec des concurrents comme Édouard Philippe et Éric Zemmour, pourrait s’avérer nuisible pour la droite.
Éric Zemmour, évalué entre 5 et 8 % au premier tour, voit son électorat se stabiliser, poussant les membres de Reconquête ! à se positionner. « La multiplicité des candidats rend le seuil d’accès très bas », note le politologue Guillaume Bernard, affirmant que le mouvement n’a aucune raison de reculer.
Dans ce contexte, Knafo lance une plateforme programmatique qui vise à moderniser l'idéologie de son mouvement. « Y aura-t-il encore la “remigration” ? », s’interroge un ancien membre, symbolisant les craintes face à d’éventuels changements.
Alors que Knafo s’impose comme une figure montante, des murmures concernant une rivalité éventuelle avec Zemmour commencent à circuler. Bien qu'elle démente des ambitions présidentielles, les spéculations perdurent.
L’éléphant RN dans la pièce
Au sein du Rassemblement national, la montée de Knafo est perçue comme une menace. La défaite parisienne a suscité des réactions vives, certains au RN qualifiant la candidate de « nuisible ». Des discussions inattendues, rassemblant même des figures opposées comme Jean-Philippe Tanguy et Marion Maréchal, mettent en avant un consensus : Knafo est une figure à surveiller.
Les sondages favorisent le RN, crédité de plus de 30 % des voix. Un proche de Knafo évoque une issue potentielle si Marine Le Pen perdait sa position, ce qui pourrait ouvrir la voie à une plus grande collaboration entre les deux factions. Knafo et Zemmour se dirigent donc vers un horizon électoral incertain, dans un paysage politique en pleine mutation.







