C'est un virage remarquable que prend Bordeaux Métropole avec l'élection de Thomas Cazenave, prévu ce vendredi 24 avril. Munie d'une solide majorité à droite et au centre, sa gouvernance se construira autour d'un "projet de mandature" innovant, soutenu par des maires socialistes. Ce tournant marque la fin d'une ère écolo-socialiste qui a prévalu durant six ans.
"On efface l’anomalie de 2020", assure un maire de droite, tandis qu'un autre, à gauche, parle d'un retour à "une forme de logique". En présentant sa "nouvelle approche" de gouvernance, Cazenave a dévoilé un document de dix pages, reprenant des thèmes essentiels tels que la mobilité, l’habitat, et l’environnement, dans un cadre qu’il qualifie de démocratique. Cela contredit la notion de cogestion précédente qui avait pris le pas ces dernières années.
"Nous ne sommes pas à l’Assemblée nationale. Nous parlons de sujets concrets comme la LGV et le RER, où il n’y a pas de raisons d’affrontements majeurs", souligne le futur président.
Christine Bost, maire d'Eysines et figure socialiste, a également exprimé sa satisfaction de voir la régie de l’eau et la coopération territoriale préservées dans le nouveau projet. Il s'agit d'une petite victoire pour le parti, promettant un engagement constructif tout en gardant un œil vigilant sur l’évolution des affaires métropolitaines.
Une démarche inclusive pour un nouveau mandat
Avec l'avenant à son projet de mandature, Cazenave invite toutes les sensibilités à participer au processus décisionnel. "On avait déjà commencé à anticiper des réorientations, notamment concernant les ressources humaines", déclare Bost. Un audit des finances sera également entrepris, une étape symbolique qui représente la transparence et la volonté de repartir sur des bases saines.
Le vote prévu vendredi déterminera non seulement les orientations stratégiques de Bordeaux Métropole, mais aussi la répartition des délégations au sein de l'exécutif où neuf délégations sont en projet pour les élus socialistes, un indicateur fort d’une nouvelle harmonie politique.
Des attentes partagées et un futur collaboratif
Cela fait partie d’un retour aux fondamentaux d’une intercommunalité qui a souvent fait ses preuves par le compromis. Comme l’a précisé Stéphane Delpeyrat, maire de Saint-Médard-en-Jalles, "il n’y a pas de suffrage universel ici, et la légitimité de chaque maire doit être respectée". Pour lui, plus que jamais, l’unité sera essentielle pour naviguer dans les complexités de l’administration métropolitaine.
A l'approche du vote, les espoirs d'un nouveau départ et d'une coopération fructueuse se dessinent pour Bordeaux Métropole, soulevant des interrogations quant à la possibilité de surmonter les clivages politiques régnants au sein de l'institution.







