La réunion à Washington entre les ambassadeurs libanais et israéliens n’a pas débouché sur des résultats concrets. Après deux heures de discussions, l'ambassadeur israélien Yechiel Leiter a exprimé sa satisfaction, déclarant : “Nous avons réalisé que nos intérêts convergent. L'objectif principal est de libérer le Liban de l'emprise du Hezbollah”. De son côté, Nada Hamadeh Moawad, l’ambassadrice libanaise, a réclamé un cessez-le-feu et le retour des personnes déplacées, tout en soulignant “la nécessité de sauvegarder notre intégrité territoriale et notre souveraineté”.

Les deux parties ont convenu de se revoir à une date ultérieure pour poursuivre le dialogue. Un communiqué a évoqué “des discussions productives ouvrant la voie à des négociations directes”. Cependant, selon le Times of Israel, “cette rencontre n’est pas le point de départ de pourparlers de paix, mais plutôt une préparation pour ceux-ci”.

Cette réunion historique, la première entre des responsables de ce niveau depuis 1993, a été perçue comme ayant “une valeur symbolique”, mais peu de possibilités de résultat concret, note Al-Jazeera. “Un cessez-le-feu n'était pas à l'ordre du jour, et l'absence du Hezbollah dans ces discussions a limité l'autorité des représentants libanais”, rappelle le média.

“L'excitation qui aurait pu entourer ces échanges a été minime en Israël, compte tenu des faibles attentes qui les jalonnaient”, souligne le New York Times.

Selon des informations d'Ha’Aretz, Benjamin Nétanyahou pourrait utiliser les négociations pour gérer la situation avec le Hezbollah tout en montrant de la bonne volonté envers l'administration Trump. Marco Rubio, secrétaire d’État américain, a également averti que “les complexités de ce sujet ne peuvent pas être résolues en quelques heures”.

Absence « notable » de la France

Le New York Times a rappelé que le gouvernement libanais n’exerçait pas de contrôle direct sur le Hezbollah, rendant toute avancée diplomatique “probablement difficile à mettre en œuvre”. Le Hezbollah, qui a continuellement fait entendre son opposition aux pourparlers, a même intensifié ses actions hostiles, bombardant Israël lors du sommet.

Le Middle East Eye souligne que le groupe a également engagé un drone contre des sites militaires israéliens.

L’Orient-le jour a noté l’absence marquée de la France lors de ces négociations, déclarant que “la tendre mère du Liban est exclue”. L’ambassadeur israélien a, d'ailleurs, exprimé le souhait que les Français s’éloignent des discussions, car ils ne seraient pas jugés comme ayant “une influence positive”.

Ce changement de dynamique dans les relations sécuritaires et diplomatiques reflète les tensions grandissantes entre Paris et Tel-Aviv. Par le passé, la France avait joué un rôle central dans la résolution de conflits au Liban, notamment en 2006, lorsque la résolution 1701 a été adoptée pour mettre fin aux hostilités.

Cependant, selon les analystes, l'approche actuelle de Paris, jugée incompatible avec celle souhaitée par les États-Unis et Israël, semble avoir conduit à son exclusion.