Le 14 avril, la CAPEB de l'Ardèche a lancé un appel désespéré, signalant que près de 4 000 entreprises du secteur de la construction font face à des difficultés croissantes en raison de la flambée des prix des carburants et des matières premières, exacerbée par les conflits au Moyen-Orient.
Des devis signés avant la flambée des prix à honorer
Les entreprises de travaux publics, en particulier, subissent de plein fouet la hausse des tarifs. "Nous avons observé une augmentation de 250 € pour une tonne de bitume, soit une hausse de 50%", explique Anne-Laurence Moins, gérante des Goudronneurs ardéchois. Cette inflation impacte directement les frais de fonctionnement et met en péril des contrats déjà établis, parfois signés avant cette crise.
Anne-Laurence ajoute : "Les fournisseurs changent les prix d’une semaine à l’autre, ce qui rend l’anticipation presque impossible lorsque nous devons établir un devis". Dans cet environnement incertain, certains artisans choisissent de repousser les chantiers ou de rogner sur leurs marges pour maintenir leur clientèle.
Le poids des contrats
Le président de la CAPEB de l'Ardèche, Benoît Gauthier, souligne que les devis sont des contrats contraignants. "Nous nous devons d’honorer les prix fixés, même si cela implique de travailler à perte. Certaines entreprises pourraient perdre jusqu'à 14% de marge, alors qu'une marge standard tourne autour de 3%".
Une crise sans précédent
Les chefs d'entreprise se trouvent dans une situation aux contours flous, naviguant sans visibilité sur l'évolution des prix et l'impact économique sur leurs clients. "Nous voulons travailler sans perdre d'argent, mais il y a une énorme pression", exprime Benoît Gauthier. Cette incertitude pourrait même mener certains artisans proches de la retraite à précipiter leur départ.
Les augmentations de plus de 50% du prix du gasoil, un combustible crucial pour ces métiers, créent un climat de stress insoutenable. En réponse, le Premier ministre a récemment promis des aide pour l'acquisition de véhicules électriques, mais cela ne semble pas suffisant pour atténuer les difficultés du secteur.
Benoît Gauthier invite les décideurs à comprendre la réalité du terrain. "Je l’invite à venir sur nos routes, en conditions réelles, pour mesurer l'impact de ces choix sur notre quotidien", a-t-il proposé. La CAPEB réclame donc des mesures d'urgence, notamment une révision à la baisse des taxes sur les produits pétroliers pour stabiliser une situation devenue critique.







