Le journaliste guatémaltèque José Rubén Zamora, reconnu pour son engagement dans la lutte contre la corruption, a été libéré jeudi de l'établissement pénitentiaire où il a passé près de 1300 jours. Cette décision, qui l'assigne à résidence, a été accueillie avec satisfaction par le journaliste, qui a déclaré qu'il était «satisfaisant» de voir qu'il existerait encore des «juges objectifs».
Agé de 69 ans et fondateur du défunt quotidien El Periodico, Zamora avait été incarcéré en 2022, suite à des articles dénonçant des affaires de corruption impliquant l'ancien président Alejandro Giammattei. Les accusations de blanchiment d'argent et de falsification de documents que l'on lui a portées sont rejetées par celui-ci, qui les qualifie de manœuvres visant à le faire taire, soutenu en cela par de nombreuses ONG.
En juin 2023, un tribunal l'avait condamné à six ans de prison, mais cette sentence a depuis été annulée, et un nouveau procès doit être organisé. Le juge Maximino Morales a décidé d'accorder l'assignation à résidence, affirmant qu'il avait déjà purgé la peine liée à la falsification de documents. Zamora a déclaré aux médias : «J'ai été soumis à des tortures et une répression psychologique, j'ai été un cadavre vivant».
Reporters sans frontières a salué cette décision tout en appelant à la libération définitive du journaliste : «Nous espérons voir cet emblème de la presse libre sortir complètement de l'ombre», a commenté Artur Romeu, directeur pour l'Amérique latine. L'incarcération de Zamora a suscité des réactions internationales, faisant l'objet de condamnations de la part des États-Unis, de l'ONU, d'Amnesty International et même du président actuel du Guatemala, Bernardo Arévalo.
Il est à noter que Zamora avait précédemment bénéficié d'un régime d'assignation à résidence, régime révoqué en mars 2025. Sa situation soulève des questions cruciales sur la liberté de la presse au Guatemala et sur les mesures à prendre pour protéger les journalistes.







