Le Parti nationaliste du Bangladesh (BNP), dirigé par Tarique Rahman, semble en bonne voie pour une large victoire aux élections législatives qui se déroulent pour la première fois depuis la chute du régime autoritaire de Sheikh Hasina à l'été 2024.
D'après les premières estimations diffusées par les chaînes locales, vendredi matin, le BNP afficherait une prépondérance sur son principal rival, la coalition islamiste du Jamaat-e-Islami, ayant déjà remporté plus de la majorité des sièges prévus au Parlement. Les chiffres indiquent que le BNP pourrait revendiquer 197 des 300 sièges, contre 63 pour la coalition islamiste.
Ces élections, marquées par une forte implication électorale, sont le reflet d'un désir de changement dans un pays qui a longtemps souffert des dérives médiatiques. Un porte-parole du BNP, Mahadi Amin, s'est montré optimiste : "Notre base populaire nous propulse vers une majorité des deux tiers, permettant ainsi la formation d'un gouvernement puissant."
Dans une déclaration officielle, le BNP a insisté sur la nécessité d'éviter les célébrations excessives, soulignant leur engagement à reconstruire le pays sous la direction de Tarique Rahman, un partisan témoignant : "Ces dix-sept dernières années, notre souffrance a été immense."
Tarique Rahman, 60 ans, fait face à une période cruciale, ayant récemment quitté son exil au Royaume-Uni. Il reprend ainsi les rênes du BNP, héritant d'une lignée politique dominée par sa mère, Khaleda Zia, ancienne Première ministre décédée peu avant son retour.
Son rival, Shafiqur Rahman, à la tête du Jamaat, aspire à marquer l'histoire en devenant le premier ministre islamiste du Bangladesh, un objectif ambitieux dans un pays majoritairement musulman.
Le chef du gouvernement intérimaire, Muhammad Yunus, lauréat du Prix Nobel, a pour sa part appelé au respect des principes démocratiques et à la paix, notant : "L'unité dans l'intérêt national est vitale."
Le scrutin de jeudi, orchestré avec une sécurité renforcée impliquant plus de 300 000 policiers et militaires, s'est déroulé sans incidents d'envergure, donnant l'occasion à de nombreux électeurs de voter dans une ambiance positive.
Mahfuz Rahman, un électeur de 52 ans, a exprimé son soulagement face à cette évolution : "Je suis heureux d'assister à ce changement après tant d'années d'oppression." Un sentiment partagé par les jeunes générations, représentées par des électeurs de 18 à 37 ans, qui espèrent des changements significatifs, en réponse à une économie en difficulté et à la corruption érigée en système.
"C'est ma première fois aux urnes, et j'attends avec impatience une période de renouveau", se réjouissait Shithi Goswami, 21 ans, une étudiante ayant voté à Dacca.
Le débat électoral a également permis de soumettre aux électeurs une série de réformes institutionnelles destinées à empêcher le retour d'un régime autoritaire. Les résultats de ce référendum n'étaient pas encore disponibles.
De son côté, Sheikh Hasina, exilée en Inde et accusée d'avoir réprimé violemment les manifestations de 2024, a qualifié le scrutin de "clandestin et anticonstitutionnel".







