En cette période de forte chaleur, le parti des Écologistes, dirigé par Marine Tondelier, a initié dimanche une pétition pour instaurer un «congé climatique» de cinq jours par an. Une initiative qui trouve écho en Espagne, où un dispositif similaire est en place depuis fin 2024.
Quand les enjeux environnementaux s’invitent dans le débat politique. Les Écologistes proposent d’offrir aux salariés la possibilité de ne pas se rendre sur leur lieu de travail en cas de canicule, d’inondation ou d'incendie, tout en étant payés. Marine Tondelier a expliqué lors d'une intervention sur LCI que cela pourrait être utile si «les conditions météorologiques vous empêchent d’aller travailler», ou même «si l’école de vos enfants ferme et que vous ne pouvez pas les garder». Cette démarche s’inspire directement du modèle espagnol.
En Espagne, le gouvernement de Pedro Sanchez a voté en novembre 2024 un dispositif appelé «permisos climáticos», visant à «adapter le droit du travail» aux situations d'urgence climatique, a précisé la ministre du Travail, Yolanda Diaz, sur RTVE. Elle a souligné que pour la première fois en Espagne, des congés seraient véritablement liés aux conditions météorologiques.
Cependant, le contexte d’implémentation de ce dispositif diffère entre les deux pays. En Espagne, cette initiative a été présentée suite aux inondations dévastatrices d’octobre 2024 qui ont coûté la vie à près de 230 personnes, remettant en lumière les risques des déplacements professionnels en période de crise climatique. Le nouveau cadre législatif garantit que lorsque les autorités déclarent un risque concernant le travail, les salariés bénéficieront de jours payés, avec leurs cotisations et avantages maintenus.
Au-delà du congé climatique, le texte espagnol impose également aux entreprises de mettre en place des mesures de prévention lors de conditions météorologiques défavorables. Si une menace grave est identifiée, les employeurs doivent informer leurs employés et les encourager à cessé de travailler jusqu’à l'atténuation du danger.
Les Écologistes ne sont pas nouveaux dans cette démarche. Lors de la dernière Fête du travail, Marine Tondelier avait déjà exprimé la nécessité de ce congé en cas d’événements climatiques extrêmes, soulignant le besoin urgent de régulations adéquates en France. Elle a déclaré qu’il y a un manque de «règles simples, lisibles et protectrices» pour les travailleurs face aux crises climatiques. Un rapport de l’Organisation internationale du travail (OIT) a révélé qu’environ 2,4 milliards de travailleurs sont exposés à des risques sanitaires graves dus à la chaleur excessive, ce qui entraîne des millions d'accidents de travail chaque année.







