La Commission européenne prépare un plan, qui sera présenté mercredi 3 juin 2026, pour renforcer la "souveraineté technologique" de l’UE. Objectif : moins dépendre des technologies américaines.
L’Union européenne vise à réduire sa dépendance envers des entreprises telles que Google, Amazon et Microsoft. Le 3 juin 2026, la Commission européenne mettra au jour son plan pour la "souveraineté technologique". Actuellement, ces géants américains détiennent 70 % du marché européen des services de cloud computing. En parallèle, l’UE projette également de diminuer sa dépendance vis-à-vis des fournisseurs chinois de semi-conducteurs.
Les propositions qui seront dévoilées incluront un texte "sur le développement du cloud et de l’IA", destiné à faciliter la création d’infrastructures clés en Europe, comme des centres de données. De plus, un "règlement sur les puces électroniques" sera proposé pour sécuriser l’approvisionnement en semi-conducteurs et réduire la vulnérabilité envers des acteurs externes.
Le risque d'un affrontement avec les États-Unis
Face aux tensions croissantes, les gouvernements européens craignent que les offres numériques dépendant de fournisseurs américains puissent être suspendues en cas de conflit politique. Teresa Ribera, une responsable de la Commission, a déclaré récemment : "Nous devons développer nos propres capacités, pour que nos décisions, nos valeurs et notre économie ne soient plus influencées par d’autres".
Les leçons du passé restent ancrées dans les esprits. Par exemple, les sanctions américaines de l'an dernier contre des juges de la Cour pénale internationale ont révélé la fragilité des systèmes européens, notamment lorsque le magistrat français Nicolas Guillou a été bloqué dans l'utilisation de sa carte bancaire, dépendante des infrastructures américaines comme Visa et Mastercard.
Cependant, ce projet de souveraineté numérique pourrait raviver des tensions entre l’Europe et Washington. Les États-Unis ont déjà averti l’UE de ne pas tomber dans le protectionnisme. Les leaders technologiques américains affirment que l’Europe aurait beaucoup à perdre si elle tentait de se passer de leurs services.
Trouver des alternatives européennes
Un document consulté par l’AFP et qui pourrait être modifié avant sa publication souligne que les 27 pays de l’UE devront effectuer des "évaluations des risques en matière de souveraineté" pour le cloud et l'intelligence artificielle, afin d’"améliorer leurs résilience" tout en identifiant des alternatives locales aux prestataires internationaux.
Concernant les puces électroniques, la Commission souhaite acquérir le pouvoir d’intervenir directement dans les chaînes de production en cas de crise, avec la possibilité d'exiger des fabricants qu'ils suspendent des contrats pour "produire en priorité des composants critiques".







