À Nogent-le-Rotrou, la liste d'opposition RN-UDR, formée juste après les élections municipales de mars, a été frappée par une vive dissension. Lundi 25 mai, 23 de ses 29 membres ont annoncé leur départ suite à la publication d'un texte polémique par la tête de liste.
Tout a commencé autour d'une controverse concernant le magazine municipal. Christelle Courtin, tête de la liste RN-UDR, avait écrit une tribune dénonçant le maire Harold Huwart, réélu, qui a refusé de la publier, la jugeant injurieuse. "Refuser une publication diffamatoire, c'est respecter la loi", a souligné Huwart dans un entretien avec France 3 Centre Val de Loire.
En réaction à ce refus, Courtin a publié une diatribe sur les réseaux sociaux, qualifiant Huwart de "petit dictateur" et accusant l'administration de censure. Une citation de Léon Daudet, figure controversée de l'extrême droite, a ensuite enflé les tensions, déclenchant des réactions au sein même de son propre groupe.
D'anciens membres de la liste ont exprimé leur désaccord face aux propos tenus. "Nous ne sommes pas racistes ni antisémites", a affirmé Christian Platon, ancien colistier classé quatrième, marquant une ferme séparation entre les appartenances politiques. Les 23 signataires de la lettre de démission ont ainsi dénoncé des termes jugés "totalement inappropriés".
De son côté, Courtin a parlé de "trahison". "Je resterai fidèle à mes convictions", a-t-elle affirmé dans un message envoyé à L’Echo Républicain.
Pour Harold Huwart, cette situation est sans précédent dans la vie démocratique locale : "Jamais nous n'avons connu des attaques personnelles aussi inattendues, même en période de fortes confrontations idéologiques".
Avec seulement 14,8 % des voix au second tour des municipales et deux sièges au conseil municipal, la liste "Union pour Nogent" se retrouve désormais dans une situation complexe et déstabilisée face aux récents événements.







