Emmanuel Macron a déclaré, lors du sommet franco-africain à Nairobi, que toute tentative de résoudre les crises internationales sans l'Afrique serait une "faute morale et politique". Son homologue kényan, William Ruto, a également pris la parole pour dénoncer les inégalités auxquelles le continent fait face sur la scène mondiale.
William Ruto a insisté sur la nécessité d'accorder une voix significative à l’Afrique, notamment au sein du Conseil de sécurité des Nations unies. "Nous ne réclamons pas de privilèges, mais de l'équité", a-t-il affirmé, soulignant que 1,6 milliard de personnes ne peuvent être ignorés dans des décisions qui les concernent.
Macron a empathisé, affirmant que "parler des crises avec des leaders mondiaux sans intégrer l'Afrique est inadmissible". À ce sommet, il a réitéré son souhait d'une représentation africaine au prochain G7, qui se tiendra à Evian. Il a rappelé que l'Afrique est franchie par les conséquences des crises internationales, notamment à cause de l'invasion russe en Ukraine.
Le président français, tout en exprimant son soutien au chef d'État kényan, a réaffirmé que la France souhaitait voir l'Afrique mieux représentée dans les institutions financières internationales. Les deux dirigeants se retrouveront au G7 pour discuter de réformes visant à encourager les investissements en Afrique.
William Ruto a souligné que le système financier mondial actuel est profondément inégal, et il a évoqué les difficultés que rencontre le continent en matière d'accès aux financements. "C'est un obstacle majeur à notre développement", a-t-il déclaré.
En réponse à des questions sur l'héritage colonial, Ruto a affirmé que l'Afrique ne subirait plus d'exploitation. "Nous allons forger notre propre avenir", a-t-il martelé. En effet, l'Afrique possède des réserves considérables, y compris plus de 4 000 milliards de dollars d'épargne à long terme, inexploitées pour le développement.
Lors de la première journée du sommet, Macron avait annoncé un plan d'investissement de 23 milliards d'euros pour le continent, mettant en avant une nouvelle dynamique dans les relations franco-africaines après des années de tensions.
Macron a également révélé dans une interview qu'il regrettait de ne pas avoir "ajusté notre présence militaire plus tôt" et a reconnu ses erreurs dans la gestion des relations avec les dirigeants sahéliens. Il a également critiqué l'"ingratitude" des autorités militaires à l'égard des efforts français.







