Face à la montée des cotisations et aux impacts des événements climatiques, l'UFC-Que Choisir 37 explore les recours possibles pour les consommateurs.
Philippe T. de Tours (Indre-et-Loire) déclare : « Comment les assureurs déterminent-ils les tarifs qui grimpent sans cesse ? Quels recours avons-nous ? Est-ce facile de changer de compagnie ? »
L'UFC-Que Choisir 37 répond : « La réalité est tristement claire : les coûts de l'assurance habitation ont connu une augmentation significative ces dernières années. Les événements climatiques, tels que les tempêtes et inondations, y contribuent largement.
« En 2024, les sinistres liés à ces événements ont coûté près de 5 milliards d'euros aux assureurs français, faisant de cette année l'une des plus coûteuses depuis la mise en place du régime CatNat en 1982. À titre de comparaison, environ 4,6 millions de sinistres ont été indemnisés, représentant un montant global de 8 milliards d'euros. »
Un seul levier pour l'assuré : la concurrence
« La surprime CatNat, qui touche presque tous les logements en France, a enregistré une hausse significative de 12 % à 20 % au début de l'année 2025. Cela a mécaniquement gonflé le coût des assurances multirisques habitation, qui avaient déjà vu leurs tarifs augmenter de 8 à 12 % en moyenne. Parallèlement, l'augmentation du prix des matériaux de construction pèse également sur les primes. »
Une addition de plus en plus salée
Les projections des assureurs pour 2026 annoncent une hausse de 6 à 8 %, mais la réalité pourrait se traduire par une augmentation comprise entre 10 et 15 %. Les différences de tarifs entre assureurs sont significatives et dépendent aussi de la géographie. Ainsi, pour un même profil, les primes peuvent varier de manière considérable selon la commune.
Dans les zones sensibles aux risques climatiques, de nombreux ménages peinent à trouver une assurance abordable, et c'est dans les Hauts-de-France que l'on observe la plus forte augmentation des tarifs, face aux inondations ayant eu lieu dans la région récemment.
Les résidents de ces zones souffrent souvent de la double peine : après avoir subi des dégâts matériels, ils font face à des primes d'assurance exorbitantes, et parfois, les assureurs choisissent même de ne pas renouveler leurs contrats.
Explosion des litiges
Les litiges liés aux sinistres climatiques sont en forte hausse : selon l'UFC-Que Choisir, le nombre de dossiers traités a été multiplié par cinq entre 2023 et 2024. Les plaintes concernent principalement des sinistres de sécheresse qui ne sont pas reconnus comme catastrophe naturelle, ainsi que des retards d'indemnisation dus à des expertises contestées.
Les franchises, quant à elles, se multiplient. La franchise légale de 380 € en cas de sécheresse est passée à 1.520 €. De plus, des exclusives de garanties deviennent plus fréquentes, souvent sans définition précise, laissant de nombreux assurés sans recours malgré des dommages évidents.
Une réforme indispensable
Dans cette situation difficile, quels choix reste-t-il aux consommateurs? À part changer d'assurance, qu'évoque notre lecteur, il n'y a guère plus de solutions. L'UFC Que Choisir recommande via son site, un comparateur qui évalue les tarifs et les retours des assureurs, ce qui peut aider à dénicher une offre adaptée aux besoins de chacun.
Cependant, ce qui se profile, c'est une hausse générale des tarifs entre les différents assureurs, rendant les alternatives limitées.
Face à l'urgence climatique et aux augmentations tarifaires incessantes, l'UFC-Que Choisir appelle à des réformes significatives. Parmi les propositions : rendre obligatoire pour tous les assureurs de proposer une couverture habitation accessible à chaque ménage, quelle que soit leur localisation.
De plus, l'association demande la mise en place de fiches d'information normalisées pour simplifier la comparaison des différentes offres, la publication des taux de redistribution, et la réduction des délais d'indemnisation, ainsi qu'une clarification des expertises après sinistre.
Un changement s'impose pour assurer une meilleure protection des consommateurs face à cette crise préoccupante.







