Karine Ouvrard a choisi de sortir de l'ombre pour inciter les victimes de violences sexuelles à se manifester. En 2019, après des années de silence, ses deux fils ont enfin trouvé le courage de parler de leurs traumatismes. Aujourd'hui, un homme de 52 ans, connu des enfants dans le cadre de ses fonctions auprès de la jeunesse, fait face à la cour criminelle de Nantes pour des crimes abominables : viols et agressions sexuelles sur mineurs de moins de 15 ans. Neuf plaintes ont été déposées à son encontre. Le procès débute ce lundi 16 février 2026.
C’était une nuit décisive
, raconte Karine. Mon fils a quitté son poste en panique. Il a couru, comme s'il tentait d fuir un cauchemar.
Ce moment marque le début d'une libération, mais aussi d'une douleur immense. Ils n'avaient jamais rien dit avant,
explique-t-elle. A l'époque, mon mari était sérieusement malade et mes garçons ne voulaient pas ajouter à mon chagrin.
Pourtant, cette déchirure a finalement éclaté. Quand mon fils est revenu cette nuit-là, il a tout révélé. Je ne pourrai jamais oublier ce moment.
Les accusations portent sur des actes répétés de viols et d'agressions, perpétrés sur une durée prolongée, par un homme en qui Karine avait placé sa confiance. Je l'avais même rencontré au club de tennis de table. Comment aurais-je pu imaginer qu'il était capable de telles horreurs ?
La douleur de cette mère est palpable. Le but de mon témoignage est d'encourager les victimes à ne pas rester silencieuses. C'est un poids qui peut détruire,
prévient-elle.
Cette affaire a généré une onde de choc au sein de la communauté. Les experts s'accordent à dire que le silence des victimes ne fait qu'accroître le phénomène des abus sexuels. Il est essentiel que les victimes aient des espaces sécurisés pour s'exprimer. Ne pas dénoncer, c'est en quelque sorte permettre à ces actes de se reproduire,
déclare le Dr. Jean-Pierre Lemoine, psychologue spécialisé dans les violences sexuelles. Le soutien des familles et des amis est crucial pour aider les victimes à sortir de leur isolement.
Alors que se déroule le procès à Nantes, Karine espère que son récit inspirera d'autres mères et victimes à prendre la parole. Ensemble, nous pouvons briser ce silence et arrêter ce cycle de violence. Je ne veux plus que d'autres enfants souffrent comme mes fils.







