La mise en scène est soigneusement orchestrée. Sarah Knafo, du parti Reconquête, descend les marches du métro parisien, arborant son manteau jaune emblématique. Dans la rame, une voix off, imitant une annonce officielle, annonce ses ambitions pour la mairie de Paris.
"Chères Parisiennes, chers Parisiens, j'ai le plaisir de vous annoncer la candidature de Sarah Knafo à la mairie de Paris. Bientôt, nous serons une ville heureuse", proclame la voix.
Des similitudes qui interrogent
S'éloignant des surprises, l'eurodéputée s'arrête à la station Hôtel de Ville où son slogan "une ville heureuse" clignote à l'écran. La vidéo, rapide et captivante, a connu un vif succès sur les réseaux sociaux, atteignant presque 2 millions de vues.
Ce succès numérique n'est pas un phénomène fortuit. Knafo semble avoir copié les techniques de communication de Zohran Mamdani, devenu une icône dans l'univers des campagnes politiques modernes sur Tiktok et Instagram. La scène du métro rappelle les vidéos du maire new-yorkais, qui avait également choisi ce cadre lors de sa campagne, y compris pour son serment.
Bataille de l'attention
Ce phénomène a indéniablement inspiré de nombreux candidats, y compris en France. En parcourant le compte Instagram de Knafo, on observe qu'elle se rend dans des cafés, s'essaie à des activités variées et adopte des tendances humoristiques, autant de stratégies déjà expérimentées par Mamdani.
Dans cette communication, la police d'écriture et même la forme des vidéos reprennent celles du maire socialiste américain. L'entourage de Knafo affirme cependant qu'il ne s'agit que de coïncidences, comme le souligne un article du Parisien.
S'approprier les codes de l'influence en politique
Il est tout aussi évident que Rachida Dati communique sur des plateformes similaires. Elle utilise aussi le format "caméra embarquée", à l'instar de Mamdani, en se films avec des éboueurs ou en rencontrant des habitants.
"Il n’existe pas de lien direct avec Zohran Mamdani, nous avons toujours utilisé ses formats", soutient Nelly Garnier, la porte-parole de Dati, dans un entretien avec Ouest France.
Cependant, les parallèles ne passent pas inaperçus. Selon Anaïs Loubère, spécialiste en communication digitale, ces campagnes visent avant tout à capter l’attention. "Knafo réussit ce premier défi, que l’on soit parisien ou non, beaucoup ont entendu parler de sa vidéo avec les éboueurs", résume-t-elle.
S'inspirer... sans copier-coller
Le succès de Mamdani repose sur une cohérence dans ses formats. Pour se distinguer, il réussit à rassembler une variété d'opinions et de récits authentiques, orientés vers l'écoute de ses électeurs. À l'inverse, Knafo et Dati semblent parfois trop pressées de reproduire certains éléments, ce qui peut nuire à l'authenticité tant recherchée par les électeurs.
La communication politique évolue donc, oscillant entre innovation et imitation. L'impact réel reste à prouver, car capter l'attention sans renforcer la conviction n'assure pas un succès électoral durable.







