Gilles Morvan, un éleveur de moutons basé à Lopérec, dans le Finistère, a comparu ce jeudi devant le tribunal correctionnel de Quimper. Les raisons de cette comparution : de lourds travaux effectués sans autorisation sur une zone humide, une situation qu'il jugeait nécessaire. Les associations de protection de l'environnement, telles que Bretagne vivante, ont déposé des plaintes à son encontre pour avoir asséché une zone humide et mené des travaux autour du cours d'eau de Saint-Rivoal sans l'aval des autorités. Le verdict sera rendu le 9 avril prochain.
Pendant une heure et demie, Gilles Morvan, 62 ans, a vigoureusement contesté les allégations portées contre lui. Il a notamment revendiqué le bon sens paysan face à une réglementation environnementale souvent jugée complexe. Bien qu'il reconnaisse avoir curé un fossé sans autorisation, il soutient que c'était une urgence suite aux incendies dévastateurs de l'été 2022. "Nous avons eu vingt kilomètres de flammes autour de ma ferme, mes brebis se noyaient dans la boue," a-t-il expliqué. "En aucun cas, je n'ai voulu assécher la tourbière."
Protection des troupeaux
Les vents durs de l'hiver et la baisse de ses effectifs de brebis, qui sont passés de 1.600 à seulement 900, témoignent des difficultés croissantes qu'il rencontre. L'éleveur plaide que la pollution d'un fossé dont il est accusé est directement liée aux décrets sur le loup, qui l’obligent à garder ses animaux enfermés la nuit, créant ainsi des problèmes d'accumulation de déjections.
Alors qu'il tente de concilier son métier avec la cohabitation avec les grands prédateurs, son avocat, maître Alan Saout, rejette l'argument selon lequel il se servirait du loup comme excuse. Maître Fanny Le Reste, qui représente Bretagne vivante, insiste sur le fait que de tels actes compromettent l'équilibre des ressources en eau. Elle a qualifié les actions de Morvan de "volonté délibérée d'assécher la tourbière" et réclame 5.000 euros en dommages pour le préjudice causé. Le procureur Philippe Lemoine a quant à lui souligné l'importance de préserver notre patrimoine environnemental et a proposé une amende de 50.000 euros, dont 20.000 avec sursis, ainsi que la remise en état du site.







