Les ravisseurs avaient menacé de mutiler les victimes si une rançon en cryptomonnaies n'était pas rapidement versée.
L'enquête progresse suite à l'enlèvement qui a déstabilisé Grenoble. Six individus, dont un mineur, ont été placés sous examen le 11 février à Paris, soupçonnés d'être impliqués dans l'enlèvement et la séquestration d'une magistrate. Cette affaire s'inscrit dans une tendance inquiétante de demandes de rançon en cryptomonnaies, expliquée par la procureure du parquet anticriminalité organisée.
Les cinq hommes, dont un mineur, ainsi qu'une jeune femme ont été appréhendés le week-end dernier. Deux d'entre eux ont été interpellés en Savoie alors qu'ils tentaient de fuir vers l'Espagne, indique une source proche de l'enquête.
Les victimes, âgées de 35 et 67 ans, ont été retrouvées blessées dans un garage de la Drôme après avoir subi une séquestration d'environ trente heures. "Elles ont réussi à se libérer grâce à l'absence de leurs ravisseurs et ont appelé à l'aide en frappant à la porte du garage où elles étaient retenues," a affirmé le procureur de Lyon, Thierry Dran, qui a supervisé l'enquête. "Un voisin alerté par le bruit est intervenu et a permis leur évasion," a-t-il ajouté.
Une rançon en cryptomonnaies demandée
La magistrate résidant à Grenoble a été enlevée à son domicile dans la commune de Saint-Martin-le-Vinoux, aux alentours de 2h50, en compagnie de sa mère. Son compagnon, "partenaire dans une start-up évoluant dans le secteur des cryptomonnaies", était absent lors du rapt. Il a alerté la police vers 9h30 jeudi après avoir reçu un message menaçant de mutilation des victimes en cas de non-paiement de la rançon en cryptomonnaies, indique Thierry Dran sans fournir de détails sur le montant exigé. Aucun versement n'a été effectué.
Étant donné la "sérieuse gravité" des faits, le parquet national anticriminalité organisée a pris en charge l'enquête. "À ce stade, aucune motivation liée à la profession de l'une des victimes n'a été établie dans ces faits," a précisé la procureure Vanessa Perrée dans un communiqué de presse.
Les six suspects, désormais mis en examen, sont poursuivis pour "arrestation, enlèvement, séquestration ou détention arbitraire d'otage dans le but d'obtenir l'exécution d'un ordre ou d'une condition" ainsi que pour association de malfaiteurs criminelle, dans le cadre d'une action organisée.







