Guillaume Bucci, âgé de 51 ans, se trouve actuellement devant la cour d'assises à Digne-les-Bains pour répondre d'accusations graves d'actes de torture et de barbarie, ainsi que de viols aggravés et de proxénétisme concernant son ex-compagne, Laëtitia. Cette dernière, lourdement handicapée, a souffert de sévices durant sept longues années au cours de cette relation toxique. L'avocate générale a requis la réclusion criminelle à perpétuité, évoquant des pratiques qui ne peuvent en aucun cas être qualifiées de sadomasochistes.
Le verdict est attendu ce samedi après-midi. Laëtitia, 42 ans, handicapée à plus de 80%, a témoigné de son calvaire, décrivant des actes de violence inouïs et une emprise psychologique stricte imposée par son ancien compagnon, ancien directeur d'agence bancaire. "Il a voulu nier ma dignité humaine", a-t-elle déclaré devant la cour.
Lors du réquisitoire, l'avocate a exposé que la matérialité des faits était indiscutable, soutenue par des messages et enregistrements révélant un quotidien fait de pratiques dégradantes et de menaces. Laëtitia a plaidé pour la reconnaissance de l'absence de consentement valide, affirmant : "Je pensais participer à des jeux, mais cela s'est transformé en violence pure et dure, sans jamais un mot de sécurité pour me protéger".
Viols aggravés et proxénétisme
Parmi les faits attestés, des mutilations avec un cutter, un tatouage dégradant, de la zoophilie, et d'autres violences physiques. Bien que l'accusé admette certains actes, il prétend qu'ils étaient consensuels. Une interrogation cruciale sur le consentement a émergé durant le procès, étant donné la nature des événements décrits par Laëtitia.
La plaignante a également révélé avoir été poussée vers la prostitution. "Il m'a forcée à coucher avec d'autres hommes, même commandé à dresser une liste. En tout, il y avait 487 hommes, certains que j’ai vu jusqu'à dix fois", a-t-elle raconté avec émotion.
Me Philippe-Henry Honegger, plaidant pour Laëtitia, a souligné que l'accusé n'avait vu en elle qu'un objet de ses projections sadiques. "Ce n'était pas une relation, mais un véritable contrôle destiné à infliger la douleur pour en tirer du plaisir", a-t-il argumenté.
Le procès a vu également des soutiens massifs pour Laëtitia, avec des représentantes de collectifs féministes prenant la parole pour dénoncer les violences conjugales. Le verdict, attendu avec anxiété, pourrait établir un précédent crucial dans la lutte contre la violence faite aux femmes en France.







