Les municipalités d'Hénin-Beaumont et de Billy-Montigny, administrées par le Rassemblement national, poursuivent leur programmation de concerts avec le chanteur Jean-Luc Lahaye, prévues respectivement pour le 29 mai et le 14 juillet. Ce choix suscite l'ire du collectif féministe Nous Toutes, qui exprime son indignation face à la situation judiciaire de l'artiste, actuellement mis en examen pour des accusations graves de viol.
Les concerts, annonçant des retrouvailles avec un chanteur célèbre des années 1980, font l'objet d'un débat enflammé. La salle de spectacle de Hénin-Beaumont, Le Théâtre de l'Escapade, a été réinvestie par la mairie depuis début 2025 pour jouer un rôle dans le patrimoine culturel local.
Une complaisance qui choque
Sur les réseaux sociaux, le collectif féministe a dénoncé le "mépris" des élus du RN pour les luttes féministes. Ils affirment que cette décision de programmation "constitue une violence symbolique pour les victimes de violences sexistes et sexuelles". Les déclarations sur Instagram résument la colère suscité par la légitimité accordée à un artiste au passé aussi tumultueux.
Steeve Briois, le maire d'Hénin-Beaumont, et Yanis Gaudillat, élu à Billy-Montigny, n'ont pas commenté les préoccupations soulevées par ce choix artistique. Cependant, une déclaration d'Yves Gaudillat a récemment fait surface, soulignant qu'« on ne peut pas interdire un artiste de monter sur scène, peu importe ses actes passés », une position qui a été largement critiquée par les défenseurs des droits des femmes.
Un passé judiciaire troublant
Jean-Luc Lahaye, âgé de 73 ans, fait face à une série d'accusations graves. En 2021, il a été mis en examen pour "viol et agression sexuelle de mineurs de plus de 15 ans". Deux jeunes femmes, nées en 1998 et 2000, l'accusent de violences sexuelles alors qu'elles étaient mineures. Les faits reprochés, qu'il conteste, seraient survenus à partir de 2013.
Marine Le Pen, interrogée sur le sujet, a défendu le principe de la présomption d'innocence concernant Lahaye. Elle a rappelé que "chaque personne mérite un procès juste et équitable". Le chanteur a par ailleurs déjà été condamné par le passé pour des délits sexuels, le plaçant au cœur d'une controverse qui ne semble pas prête de se dissiper.
Pour l'heure, les concerts sont maintenus, mais la situation soulève des questions cruciales concernant la responsabilité des municipalités face à des figures controversées. Les déclarations se multiplient, et la tension ne faiblit pas à l'approche de ces événements.







