Le gouvernement marque sa désapprobation face à la volonté du Sénat d'accorder aux usages agricoles un statut de "droit prioritaire à l'eau". Lors d'une déclaration, Mathieu Lefèvre a précisé que cette approche pourrait engendrer des difficultés en raison de la situation critique de la ressource en eau dans certains départements, tout en prenant en compte les autres besoins prioritaires en eau.
"Notre désaccord réside dans l'idée qu'il existe per se un droit prioritaire à l'eau pour les usages agricoles", a affirmé Lefèvre, comme rapporté par Public Sénat.
Le texte, qui sera examiné par le Sénat à partir de ce lundi 29 mars, a déjà été adopté à l'Assemblée nationale avec le soutien des principaux partis, allant du camp présidentiel au Rassemblement national. Cette loi vise à répondre à la mobilisation agricole ayant eu lieu en janvier, où des agriculteurs se sont rendus devant l'Assemblée pour manifester avec leurs tracteurs et banderoles. Toutefois, plusieurs mesures du projet risquent de raviver les tensions entre les parties prenantes.
Des ONG de défense de l'environnement ont exprimé leurs préoccupations, soulignant que "ce projet de loi d’urgence agricole déstructure la politique de l’eau sans réellement répondre à la question essentielle de la rémunération juste des agriculteurs français". Elles insistent sur la nécessité de poursuivre une transition vers des pratiques agricoles plus durables, notamment dans les zones de captage d'eau.
Le gouvernement défend son bilan environnemental
Mathieu Lefèvre, se prononçant après la vague de chaleur record en France, a mis en avant les actions du gouvernement face aux critiques d'incompétence. Il a cité la mise en œuvre de mesures telles que Ma Prime Renov' et la programmation pluriannuelle de l'énergie comme signes d'une politique proactive.
"Il est faux de dire que le gouvernement n'a rien fait depuis 2017", a-t-il réagi, face à la baisse des crédits du Fonds vert qui devraient chuter de 2,5 milliards d'euros en 2024 à 837,5 millions en 2026.
Le ministre a répondu aux critiques sur cette réduction budgétaire en soulignant que "les questions financières sont de plus en plus délicates et nécessitent un dialogue constructif avec les collectivités locales pour faire face aux défis environnementaux à venir". Il a également averti sur la nécessité d'une reconsidération de certaines priorités dans les politiques publiques actuelles.
Les défis financiers évoqués par Lefèvre sont corroborés par la situation économique actuelle de la France, qui nécessite des investissements significatifs pour aborder la crise climatique, une réalité partagée par de nombreux ministres. "C'est un défi qui demande un courage politique et des ajustements budgétaires", a-t-il conclu.







