La dernière ligne droite pour l'offre d'UniCredit sur Commerzbank

L'OPA d'UniCredit sur Commerzbank soulève des tensions et un avenir incertain.
La dernière ligne droite pour l'offre d'UniCredit sur Commerzbank

Mardi constitue le point final d'une offre hostile chiadée et aux implications politiques majeures de la part d'UniCredit sur Commerzbank, après une vague d'émotions et de tensions croissantes.

L'institution bancaire italienne a initié début mai cette offre publique d'achat (OPA), visant à accroître sa présence en Europe avec une valorisation de la banque allemande atteignant 35 milliards d'euros.

Cette offre se conclut officiellement ce mardi à 23h59, sans possibilité de prolongation. UniCredit a récemment célébré le franchissement du seuil de 30% de participation, un objectif primordial pour cette OPA.

Cependant, l'offre ne semble pas être attrayante, car elle se situe en deçà de la valorisation boursière actuelle de Commerzbank. UniCredit détenait déjà 26,7% de la banque allemande avant cette proposition, ce qui témoigne d'une certaine continuité dans leur relation.

Si l'OPA devait aboutir avec l'aval de la Banque centrale européenne, UniCredit envisagerait d'intégrer Commerzbank à sa filiale allemande, HypoVereinsbank, acquise en 2005, tout en rationalisant le réseau international de Commerzbank jugé problématique.

- Répercussions en Allemagne -

Côté allemand, ce projet fait face à une opposition farouche. Le chancelier Friedrich Merz a exprimé ses doutes début mai, affirmant que l’offre étriquait la confiance envers la seconde banque privée d’Allemagne.

Bettina Orlopp, présidente du directoire de Commerzbank, a répliqué avec un plan stratégique visant à accroître la rentabilité et montrer aux investisseurs qu'une indépendance est plus bénéfique que l'intégration.

Outre les divergences stratégiques et financières, Unicredit est critiquée pour ses méthodes de mobilisation d'actionnaires durant la période de l'offre. Commerzbank a ainsi sollicité la BaFin pour investiguer sur des éléments 'potentiellement trompeurs' à propos des changements de participation d'UniCredit.

De plus, des accusations ont émergé, déplorant que les actions soutenant l’offre proviennent largement d'alliés d'UniCredit, plutôt que d'actionnaires convaincus par la proposition.

Seulement 11,91 % des actionnaires ont accepté l’offre, portant la participation d’UniCredit à 39,91 %, incriminant ainsi son processus d'acquisition.

Le comité central de Commerzbank a mandaté son président pour porter plainte contre X, évoquant des soupçons de manipulation de marché. Le parquet de Francfort a ouvert une enquête préliminaire.

UniCredit réfute avec ferme intention toutes les allégations concernant la véracité de son offre. Dans un communiqué, la banque italienne a affirmé n'avoir jamais mélangé les différentes catégories d'actions soumises à déclaration, mais a pointé du doigt Commerzbank pour avoir induit en erreur ses actionnaires.

- Accès au contrôle -

Franchir le seuil de 30% donnerait à UniCredit la capacité de nommer tous les représentants des actionnaires au conseil de surveillance, où deux représentants de l'État allemand siègent déjà, ce qui soulève des questions quant à la direction future de Commerzbank.

En réponse, Bettina Orlopp a souligné les accords historiques avec Berlin qui préservent le droit de Commerzbank à proposer des représentants étatiques. Elle veut ainsi garantir la clarté des accords stratégiques entre les deux parties.

UniCredit insiste que pour des changements structurels majeurs, une majorité renforcée de 75 % serait nécessaire, ce qui est envisagé pour une fusion future avec HypoVereinsbank.

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