Après près de trois mois et demi de conflit en Iran, les États-Unis et Téhéran ont récemment annoncé un accord. Ce développement pourrait-il inciter une baisse des prix des carburants, déjà élevés, atteignant par moments près de 3 euros le litre ? Pour y voir plus clair, nous avons sollicité Jacques Percebois, professeur émérite d'économie à l'Université de Montpellier.
Emmanuel Macron a affirmé que cet accord aura "un impact sur les prix dans les semaines à venir". Mais quand cet impact se traduira-t-il concrètement pour le consommateur ?
Le prix du brut avait déjà commencé à diminuer grâce à l'espoir d'un accord. Actuellement, on observe une baisse de 5 à 6 % sur le marché. Le prix du Brent tourne autour de 80 à 82 dollars, ce qui reste néanmoins au-dessus d'un niveau normal.
Tout dépendra de la vitesse d'écoulement des stocks par les distributeurs. Avec un débit rapide, ces derniers pourront vite renouveler leurs stocks avec un brut moins cher, permettant ainsi de répercuter la baisse rapidement. Cependant, dans des zones rurales où le débit est moindre, cette baisse mettra plus de temps à se faire sentir, potentiellement une à deux semaines.
De quelle diminution peut-on s'attendre à la pompe ?
Selon Percebois, on pourrait d'abord observer une baisse de 4 ou 5 centimes. Avec les prix actuels tournant autour de 2 euros le litre, on pourrait espérer retrouver des niveaux de 1,95 voire 1,90 euro, bien que le retour à des niveaux d'avant-guerre ne soit pas à l'ordre du jour.
Je pense qu'il faudra plusieurs mois avant de voir des prix autour de 70 dollars le baril.
Peut-on espérer retrouver les prix d'avant-guerre rapidement ?
Pas dans l'immédiat. La dynamique de l'offre et de la demande jouera un rôle clé. Une partie de la demande a disparu à cause des prix élevés, et il faudra évaluer combien de cette demande sera de retour. La situation pourrait se stabiliser autour de 70 dollars le baril dans quelques mois, mais une hausse rapide de l'offre pourrait la faire descendre en dessous de ce niveau.
La signature d'un accord général est prévue pour vendredi, mais le contenu de cet accord, notamment concernant le passage stratégique par le détroit d'Hormuz, pourrait s'avérer crucial.
Plusieurs semaines, voire plusieurs mois
La situation instable de la région et l'imprévisibilité des décisions politiques, notamment celles de Donald Trump, ont-elles un impact sur le prix du pétrole ?
Absolument. À long terme, l'Iran a réussi à semer la discorde au sein de l'OPEP, comme en témoigne le retrait des Émirats arabes unis, qui souhaitent augmenter leur production. Toutefois, des destructions dans les pays du Golfe compliquent la situation. Les producteurs extérieurs au Golfe, comme ceux d'Amérique latine ou d'Afrique, pourraient bien prendre le relais pour satisfaire la demande.







