Alors que l'Europe occidentale traverse des vagues de chaleur insupportables, elle se démarque comme le continent qui se réchauffe à une vitesse alarmante. Selon le service Copernicus, la température du continent est désormais supérieure de 2,4°C par rapport à l'ère pré-industrielle (1850-1900), un chiffre substantiellement plus élevé que celui de 1,4°C pour la planète entière.
"La quasi-totalité de cette chaleur résulte de l'effet de serre dû aux activités humaines, principalement via les énergies fossiles", explique Ben Clarke, chercheur à l'Imperial College de Londres.
Les anticyclones, zones de haute pression atmosphérique, sont devenus plus fréquents et ont modifié les schémas climatiques d'été, entraînant des canicules plus intenses. Carlo Buontempo, directeur du service Copernicus pour le changement climatique, souligne : "Ces conditions rendent l'air non seulement plus chaud mais aussi plus sec, entravant la circulation normale des vents." Cette instabilité en Europe fait débat parmi les climatologues : est-ce le signe de changements climatiques fondamentaux ou simplement une fluctuation naturelle?
La proximité géographique de l'Europe avec l'Arctique joue aussi un rôle crucial. Les terres se réchauffent plus rapidement que les océans. En effet, l'Arctique est en hausse de 3,2°C par rapport à l’époque pré-industrielle, selon Copernicus, à cause de la fonte des glaces qui augmente l'absorption de chaleur. "Plus la glace fond, plus les eaux deviennent chaudes, ce qui aggrave le cycle de réchauffement," explique Clarke.
Par ailleurs, la réduction des émissions d'aérosols suite à des normes de pollution plus strictes a en partie contribué à cet effet. Bien que bénéfique pour la santé publique, cela a également eu des effets secondaires en augmentant le rayonnement solaire atteignant la surface terrestre. "Moins de pollution signifie plus de lumière solaire, ce qui intensifie le réchauffement," ajoute Clarke.
Les conséquences ne sont pas uniformes à travers le continent. Dans certaines régions d'Europe de l'Est et du Sud-Est, des hausses de 0,5°C à 1°C par décennie ont été enregistrées. Les Alpes et d'autres zones de l'Europe centrale n'ont pas été épargnées, tandis que des régions comme le Svalbard au nord connaissent un réchauffement encore plus dramatique, pouvant atteindre 2°C par décennie.
L'année 2022 a été marquée par des températures estivales record dans cette région, alors qu'elle continue d'être un témoin des effets du changement climatique. Ce phénomène mue de l’ensemble du Vieux Continent nécessite une attention urgente et une action concertée, comme le conclut l'analyse de plusieurs experts dans le domaine.







