La saison hivernale 2025-2026 a été exceptionnelle pour les établissements hôteliers suisses, qui ont enregistré un total impressionnant de 18,7 millions de nuitées selon l'Office fédéral de la statistique (OFS). Cela représente une hausse de 1,1 % par rapport à l'année précédente, marquant ainsi le meilleur résultat historique.
Cependant, cette performance masquait un ralentissement préoccupant à la fin de la saison. En mars, la fréquentation a commencé à diminuer, principalement à cause de la baisse substantielle des touristes asiatiques, exacerbée par les récents troubles au Moyen-Orient. Bien que le Japon ait maintenu sa présence, les autres grands marchés asiatiques ont connu des baisses significatives : les nuitées en provenance de ce secteur ont chuté de 16,9 % en mars et de 28,4 % en avril, ce qui soulève des inquiétudes pour la saison estivale à venir.
Les acteurs du secteur abordent l’été 2026 avec une « confiance mesurée », affirme Suisse Tourisme. L’organisme souligne que les impacts liés à la crise géopolitique actuelles continuent d'altérer les voyages à long cours.
Selon le centre de recherches conjoncturelles de l’École polytechnique fédérale de Zurich, une baisse de 1,6 % des nuitées hôtelières est à prévoir pour cet été. La demande en provenance d'Asie pourrait enregistrer une chute de 10 %, tandis que les touristes nord-américains devraient, quant à eux, rester constants.
Toutefois, les visiteurs d'Allemagne, des États-Unis, de Grande-Bretagne et de France sont attendus comme une « base solide » pour les mois à venir. De plus, la clientèle suisse pourrait légèrement augmenter de 0,2 %, apportant une lueur d'espoir dans un contexte incertain.
La demande en provenance d'Europe pourrait, pour sa part, reculer de 0,4 %, avec des pays comme la France et l'Italie semblant tirer profit de vacances estivales concentrées sur le continent. Néanmoins, la Suisse continue de capitaliser sur son image d'une destination à proximité, sereine et accessible.
« Les amateurs de tranquillité trouveront leur compte dans les Alpes suisses », conclut Martin von Moos, président d’HotellerieSuisse. La question demeure : les voyageurs européens et nord-américains seront-ils suffisants pour compenser les pertes anticipées des clientèles plus lointaines ?







