Dans un contexte d’essor technologique, la Russie semble raviver des souvenirs de la guerre froide en industriant l’aéronautique. Tandis que les États-Unis mettent en avant leur prototype d'avion supersonique civil comme le Boom Supersonic, la Russie s'intéresse de près à un projet similaire.
Des médias russes rapportent que des brevets ont été déposés et des plans ont été élaborés par l'Institut Joukovski, une référence en matière d'aéronautique, en collaboration avec GosNIIAS, un centre de recherche dédié aux systèmes aériens. Ce partenariat pourrait donner naissance à un modèle inédite.
"La conception de l'avion supersonique est finalisée. Il ne sera pas équipé de pare-brise et utilisera uniquement des caméras et des capteurs," déclare Andrei Popov, ingénieur à GosNIIAS.
Cette approche sans vitrage a pour but d'optimiser l'aérodynamisme et d’augmenter la vitesse maximale. Le pilote se fiera en effet à des caméras et autres technologies de détection. Contrairement aux modèles du passé tels que le Concorde ou le Tupolev Tu-144, le nouvel appareil ne disposera pas d’un nez inclinable, ce qui limite la visibilité, mais permettra d’utiliser des caméras infrarouges pour les vols nocturnes. Selon les concepteurs, une telle configuration pourrait permettre d’atteindre des vitesses de Mach 2, soit environ 2469 km/h.
L'utilité du projet remise en question
Des tests initiaux avec un Yak-40LL, utilisé comme plateforme d’essai, auraient déjà été réalisés. Un porte-parole de GosNIIAS a affirmé que retirer le pare-brise n'a pas eu d'impact notable sur les performances de l'appareil.
"Lors des essais à Novossibirsk, toutes les manœuvres ont été effectuées sans visibilité directe. Le système a su détecter les obstacles et maintenir la sécurité," explique un représentant.
Il est intéressant de noter que les États-Unis ont également opté pour la suppression du pare-brise sur leur prototype, le X59, afin de minimiser le bruit au moment de passer le mur du son, un obstacle majeur pour l'intégration des supersoniques dans l'espace aérien civil.
Cependant, malgré ces avancées, le X59 a déjà complété 13 vols, tandis que le projet russe demeure à un stade préliminaire, avec des essais sur d'anciens modèles. L'initiative exige des investissements considérables, bien que ceux-ci ne soient pas dévoilés par les médias russes. Dans le contexte économique actuel de la Russie, investir dans un projet d’une telle envergure, dont l’utilité commerciale reste à prouver, pourrait apparaître risqué. D'autres initiatives, comme l’Aeron AS2, ont déjà été abandonnées en raison de doutes similaires.







