Au début d'avril, la décision de licencier un employé d'une chaîne de supermarchés bien connue pour avoir tenté d'empêcher un vol a suscité une onde de choc. Ce sont des incidents similaires, comme la sanction d'un gérant par Morrisons, qui rappellent que les agents de sécurité s'exposent à des violences croissantes en tentant d'intervenir.
Les nouvelles directives syndicales, relayées notamment par le Telegraph, interdisent désormais toute intervention physique face aux voleurs. Les syndicats soulignent que leur rôle doit se limiter à surveiller et signaler, rappelant que leur sécurité prime sur les biens. Cette position fait écho aux déclarations de la Fédération de l'industrie de la sécurité (SIF) : "Ne vous mettez pas en danger pour ceux qui pourraient ne pas vous soutenir par la suite".
Derrière ces conseils prudents se cache la peur des conséquences juridiques et physiques des interventions. La protection individuelle prend le pas sur celle des biens.
Le secrétaire général du syndicat SIF, Daniel Garnham, a exprimé ses préoccupations sur ce dilemme éthique. Il admet que cette approche contraste avec l'instinct de nombreux agents de sécurité, mais insiste sur le fait que la sécurité personnelle doit primer sur la réputation ou les biens. Alors que la pression augmente sur les détaillants pour gérer ces incidents, les agents se demandent : "Qui est responsable des risques qu'ils prennent au travail ?"
Les vols à l'étalage en forte augmentation
La montée alarmante des vols — qui a augmenté de 133 % au cours des quatre dernières années, d’après le Telegraph — souligne l'urgence de la situation. La crise du coût de la vie amplifie les frustrations et les actes délictueux à l’égard des enseignes de grande distribution. Pour répondre à cette intimité entre la sécurité des employés et la gestion des pertes, des syndicats comme Usdaw, représentant plus de 360.000 membres, exigent de leurs adhérents de ne pas intervenir physiquement.
Ces tensions sont exacerbées par des politiques internes controversées qui privilégient la dissuasion à la détention. Les vidéos circulant sur les réseaux sociaux, montrant des voleurs quitter les magasins sans être inquiétés, alimentent le mécontentement au sein du public et des syndicats.
Le Premier ministre, Keir Starmer, cherche également à répondre à cette crise. En dénonçant une situation "scandaleuse", il a proposé des mesures telles que le déploiement de 3.000 policiers supplémentaires pour contrer cette vague de délinquance et la révision de règles considérées "ridicules" quand il s'agit de vols à faible valeur.







