D'après une étude exclusive réalisée par Que Choisir Ensemble, l'association de défense des consommateurs a recueilli plus de 4.200 témoignages dénonçant des hausses tarifaires depuis le 1er janvier 2026. Cette disposition légale, votée à la hâte lors des débats budgétaires, impose que les cotisations des assurés demeurent inchangées.
Les résultats de l'enquête révèlent une situation préoccupante : 98,5% des répondants affirment avoir constaté des augmentations, en totale contradiction avec les obligations légales. L'association souligne qu'une grande partie des assurés impactés sont des retraités, souvent en âge avancé, devant faire face à des charges accrues sans l'aide d'un employeur.
"L’âge moyen des répondants est de 66 ans. Les personnes âgées et celles sans couverture employeur sont les plus touchées par ces augmentations injustifiées", avertit Que Choisir Ensemble.
Hausse des tarifs : jusqu'à 2.000 euros par an pour les assurés isolés
Le rapport de l'association indique que l'augmentation moyenne des cotisations s'élève à 106,21 euros sur l'année, avec des disparités marquées. Par exemple, tandis que la hausse médiane se fixe à 56,50 euros pour de nombreux assurés, d'autres font face à des hausses alarmantes, allant jusqu'à 2.000 euros pour des membres isolés.
"Ces augmentations sont très variables selon les profils des assurés, allant de 0,08 à 2.000 euros pour les personnes seules", déclare l'association.
Pour les couples, la hausse moyenne est de 198 euros par an, variant entre 3,90 et 1.004 euros. Ce système de tarification semble d'autant plus injuste dans un contexte où de nombreuses personnes ont anticipé cette contrainte légale.
Avant l'entrée en vigueur du gel, les organismes complémentaires avaient déjà annoncé ces augmentations. La Mutualité française, par exemple, avait prévu une hausse des contrats collectifs de 4,7% et des contrats individuels de 4,3% à partir de 2026.
Saisine du Conseil d'État : la ministre de la Santé réagit
Que Choisir Ensemble rapporte aussi que 91,7% des assurés affectés n'ont reçu aucune régularisation suite à ces hausses. L’association souligne : "Seule une minorité des organismes a partiellement corrigé ces augmentations".
"L'inefficacité du contrôle gouvernemental laisse les assurés dans une précarité croissante, avec des hausses non justifiées", insiste l'association.
Cela fait écho à la récente décision de la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, qui a saisi le Conseil d'État. Comme souligné par BFM Business, cette démarche vise à clarifier la portée de l'article 13 de la loi de financement de la Sécurité Sociale, qui impose le gel tarifaire pour 2026.
Les responsables des fédérations de mutuelles ont contesté cette loi, arguant qu'elle porte atteinte à leur liberté tarifaire. Cela soulève des questions fondamentales sur la durabilité de cette législation face aux réalités économiques et aux exigences de rentabilité des assureurs.







