Ce lundi 27 avril, une mobilisation significative a eu lieu à la maison d'arrêt de Périgueux, où des agents pénitentiaires ont protesté contre des conditions de travail jugées indignes. Ils se sont joints à un appel national à l'action, initié par le syndicat Ufap-Unsa Justice, visant à dénoncer la surpopulation croissante dans les établissements pénitentiaires.
Actuellement, la prison de Périgueux affiche un taux d’occupation alarmant de 177%, avec 176 détenus pour une capacité de 99 places. "Nous faisons face à des conditions de plus en plus difficiles, comme le partage de cellules conçues pour deux personnes entre quatre détenus", affirme Ludovic Levet, représentant du syndicat SPS-CEA. Les agents témoignent d'une présence accrue d'insectes nuisibles et d'agressions fréquentes, y compris des crachats à l'ouverture des cellules.
Pour exprimer leur mécontentement, une quinzaine d'agents sur 39 ont installé des pneus et des palettes pour bloquer l'entrée de l'établissement dès 6h30. Seule la relève des agents de nuit a été effectuée ce matin, les personnels de l'éducation et les formateurs étant restés à l'extérieur pour soutenir l'action. En solidarité, le directeur de la prison est intervenu rapidement pour discuter avec les manifestants.
Ce problème de surpopulation carcérale affecte tant les détenus que les agents, entraînant des tensions et une ambiance de peur. "Il y a plusieurs années, nous avons tiré la sonnette d'alarme, mais la situation ne fait qu'empirer. Nous manifestons pacifiquement, mais nous voulons être entendus", déclare un agent. Les agents ont finalement levé leur blocus à 11h30, permettant la reprise des parloirs à partir de 13h30.
Cette situation met en lumière un problème persistent au sein des établissements pénitentiaires français. Les experts s'interrogent sur l'impact de la surpopulation non seulement sur le personnel, mais aussi sur le processus de réhabilitation des détenus. Comme l'indique une étude récente du ministère de la Justice, la surpopulation pourrait avoir des conséquences à long terme sur la sécurité dans les prisons et au-delà.







