Anticipant les critiques concernant leur précédente alliance avec un parti arabe, Naftali Bennett a souligné que Benyamin Netanyahu avait tenté de faire de même en 2021. Les anciens Premiers ministres israéliens Naftali Bennett (droite radicale) et Yaïr Lapid (centre) ont annoncé officiellement la formation de leur coalition nommée « Ensemble » en vue des élections législatives prévues avant le 27 octobre prochain.
« Je suis ravi d’annoncer ce soir, avec mon ami Yaïr Lapid, que nous réalisons une étape significative pour notre nation. Ce soir, nous scellons notre union et créons le parti « Beyahad » (« Ensemble », NDLR) sous ma direction, avec la conviction que cette initiative mènera à une victoire majeure et marquera le début d’une nouvelle ère pour notre patrie », a déclaré Naftali Bennett lors d’une conférence de presse à Herzliya. « L’ère de la division est derrière nous », a-t-il affirmé.
À rappeler, Bennett et Lapid avaient déjà formé un gouvernement hétéroclite en juin 2021, alors qu'Israël peinait à constituer un gouvernement stable, ayant multiplié les élections anticipées. Le cabinet de Benyamin Netanyahu leur a succédé fin 2022 sans que la marque de Bennett et Lapid ne soit vraiment perceptible.
Bien que les deux hommes soient amis depuis longtemps, leurs idéologies divergent. Naftali Bennett, 54 ans, ancien membre du Likoud, a été conseiller et ministre sous Netanyahu avant de devenir un adversaire résolu. Entrepreneur dans le secteur technologique, il a fondé divers partis nationalistes et sionistes religieux et s’est progressivement recentré vers des idées plus modérées, notamment en faveur des transports publics lors du Shabbat et du mariage civil.
Bennett s’est recentré, Lapid droitisé
Yaïr Lapid, 62 ans, autrefois membre du Likoud et ministre des Finances sous Netanyahu, dirige actuellement Yesh Atid, un parti centriste. Au début de sa carrière politique, il prônait une solution à deux États sans expansion des colonies, mais défend aujourd’hui un « large élargissement » des frontières israéliennes, écartant l’idée d’un divorce à l'amiable avec les Palestiniens.
« Nous nous unissons pour garantir une victoire électorale et établir un gouvernement sioniste, fort et stable. Ce partenariat entre le centre et la droite, entre les religieux et les laïcs, entre le nord et le sud, se fera sans extrémisme », a déclaré Yaïr Lapid.
Récemment, le paysage politique israélien évoquait une coalition potentielle entre Lapid et Gadi Eisenkot, ancien chef d’état-major devenu homme politique. Dimanche soir, Bennett a également invité le président du parti Yashar (centre) à se joindre à eux, affirmant que « notre porte est ouverte à tous ».
Un sondage récent dans le quotidien Maariv plaçait le parti de Bennett quasi à égalité avec le Likoud de Netanyahu, chacun obtenant 24 sièges à la Knesset, tandis que Yesh Atid de Lapid atteignait 7 sièges et Yashar d’Eisenkot 12. Eisenkot, ainsi que d’autres figures de l’opposition, ont salué la fusion en la considérant comme une partie d’un ensemble plus large visant à renverser le gouvernement actuel.
Bennett a également affirmé qu'il se considère comme un « sioniste libéral de droite » et qu’il ne s’alliera qu’avec des partis sionistes. « Nous ne sommes ni dans le bloc de gauche ni chez les extrêmes de droite, nous représentons tous les Israéliens », a-t-il ajouté, excluant ainsi toute collaboration avec des partis arabes.
Lors de leur précédente coalition (2021-2022), Bennett et Lapid avaient rassemblé des partis de toutes tendances, y compris le parti arabe israélien Ra’am, une première dans l’histoire d’Israël.
L’extrême droite raille l’union au moyen de l’IA
Les voix de l’extrême droite n’ont pas tardé à critiquer cette nouvelle alliance. « L’alliance fraternelle Bennett-Lapid est de retour pour livrer le pays au mouvement islamique », a lancé Itamar Ben Gvir (ministre de la Sécurité nationale), en ajoutant une image générée par l’IA montrant un mariage fictif entre Bennett et Lapid officié par Abbas.
De même, le Likoud a diffusé une photo truquée où Bennett et Lapid apparaissent comme des enfants à bord d’une voiture conduisant Abbas, accusant les deux anciens Premiers ministres de vouloir s'associer avec des sympathisants du terrorisme.
Lors de sa conférence, Bennett a anticipé ces attaques, rappelant que Netanyahu avait tenté auparavant d'inclure aussi bien Bennett que Abbas pour constituer un gouvernement. « À l'époque, Bibi avait dit qu'Abbas était un « grand leader arabe », l’ayant rencontré plusieurs fois et plaidant pour un accord inclusif », a-t-il déclaré.







