Les ministres des pays du G7 se retrouvent à Paris pour aborder des enjeux environnementaux cruciaux comme la biodiversité et la désertification. Toutefois, la question du changement climatique reste soigneusement évitée, probablement par prudence face aux États-Unis sous Donald Trump.
Monique Barbut, la ministre française de la Transition écologique, a convié ses homologues de ce club d'industrialisés, ainsi que des représentants d'autres nations, dont celles qui accueilleront bientôt des conférences sur la biodiversité et la désertification. Les discussions se concentreront sur cinq priorités : le financement de la protection de la biodiversité, la préservation des océans, la sécurisation des ressources en eau, les liens entre désertification et sécurité, et l'accroissement de la résilience face aux catastrophes naturelles.
Cependant, les questions climatiques, en dépit de leur urgence, ne seront pas abordées directement. Ce choix est critiqué par des experts comme Gaïa Febvre, porte-parole du Réseau Action Climat (RAC), qui déclare à l'AFP : "Éviter d'évoquer le climat affaiblit l'action collective et éloigne le G7 de son rôle potentiel de leader dans cette crise."
Face à l'ambivalence des États-Unis, la France a décidé de ne pas aborder la question climatique de front afin de ne pas froisser les alliés. "Nous avons choisi de privilégier l'unité du G7, en nous concentrant sur des sujets moins litigieux," a indiqué une source proche de Monique Barbut, en vue du sommet des chefs d'État à venir en juin à Évian.
Le retour du climatosceptique Donald Trump à la Maison Blanche a suscité des craintes quant à la protection de l'environnement, alimentant une série de reculades aux États-Unis, depuis le retrait des accords de Paris jusqu'au démantèlement de normes environnementales. À ce G7, la représentante américaine Usha-Maria Turner sera d'un rang secondaire, ce qui reflète le désintérêt de la Maison Blanche pour ces discussions.
Malgré cela, la France espère convaincre Trump et d'autres partenaires avec son initiative "alliance pour le financement de la nature et des peuples", visant à mobiliser des fonds publics et privés pour la biodiversité. Des sources proches du dossier indiquent qu'un montant pouvant atteindre 800 millions de dollars pourrait être annoncé pour la protection de parcs naturels en Afrique.
Jean Burkard, directeur du plaidoyer au WWF France, a déclaré : "Il est positif que le financement de la biodiversité soit discuté, mais ces investissements doivent être additionnels et non remplacer les engagements existants des États." Par ailleurs, les participants visent également à établir une déclaration politique sur la désertification et la sécurité, en plus d'organiser des sessions sur les océans, ainsi qu'une visite de Fontainebleau liée à la protection des forêts.







